Depuis son introduction en 1930 dans le traitement du paludisme, on estime que la chloroquine a sauvé plus de vies que tout autre médicament, en raison de sa grande efficacité, de son faible coût et de sa toxicité peu élevée. Depuis, Plasmodium falciparum est devenu résistant à la chloroquine dans la plupart des régions où le paludisme est endémique.
Le Plasmodium se nourrit de l'hémoglobine de l'hôte et convertit la molécule d'hème toxique en cristaux inertes qui seront stockés dans sa vacuole digestive. La chloroquine agit à ce stade en bloquant la conversion de l'hème qui s'accumule et détruit ainsi le parasite. La résistance à la chloroquine résulte de mutations au niveau d'une protéine de la membrane de la vacuole, la Plasmodium falciparum chloroquine résistance transporter (PfCRT). Ces mutations empêchent l'accumulation de la chloroquine dans le parasite éliminant ainsi son action.
Une étude conduite par des biologistes de l'Université Nationale Australienne (ANU) a révélé certains des mécanismes d'action de cette protéine dans la résistance à la chloroquine. Afin d'éviter les interférences naturelles dues aux diverses fonctions métaboliques, l'activité de transport des formes sauvage et résistante de la protéine a été étudiée non pas à l'intérieur du parasite mais à la surface d'un oocyte de la grenouille Xenopus.
L'étude a montré que la forme résistante de PfCRT transporte la chloroquine alors que la forme sauvage ne la transporte pas. Le vérapamil et certains quinolines, incluant la quinine et l'amodiaquine, inhibent le transport de la chloroquine via la forme résistante de la protéine. Par contre la pipéraquine et l'artémisinine, qui sont cliniquement efficaces contre le parasite mutant et sauvage, n'ont aucun effet.
L'étude a démontré que la résistance à la chloroquine est due au transport direct du médicament via la forme mutante de la protéine PfCRT.