Le pourcentage de sapin dans les forêts slovènes est passé entre le milieu des années 40 du siècle dernier et aujourd'hui de 20 à 8% à peine. Parce la conservation de la population de sapin joue un rôle important dans la protection de l'environnement, dans l'économie et dans l'atténuation des conséquences liées aux changements climatiques, la façon dont la Slovénie fera face au problème dans le futur est extrêmement importante.
La gestion de la préservation du sapin a été le sujet de la conférence internationale organisée récemment par le Département de foresterie et des ressources renouvelables de la forêt (Faculté de Biotechnique de Ljubljana ) et l'ONF slovène dans le cadre de leurs traditionnelles journées d'études annuelles. Cette année, il a été question du sapin commun, qui constitue l'une des espèces les plus importantes de Slovénie du point de vue écologique et économique, mais qui, pour diverses raisons, a connu en Slovénie comme ailleurs en Europe une nette régression de sa population.
Selon les propos du dr. Jurij Diaci, les raisons à l'origine de cette régression dans les forêts slovènes sont complexes et diverses. Divers facteurs, pour certains encore inexpliqués aujourd'hui, concourent à cet état de fait. Parmi les facteurs naturels, on peut assurément mentionner les changements climatiques et le remplacement des espèces d'arbres par d'autres. Parmi les raisons anthropogènes, citons la pollution de l'atmosphère, la culture inadaptée des espèces d'arbres dans les forêts, la grande densité des animaux herbivores qui rongent les jeunes pousses. Un des principaux problèmes est le renouvellement artificiel difficile du peuplement des sapins, car ces derniers sont en effet tout particulièrement sensibles aux attaques des herbivores. La concentration du gibier herbivore est dans certains secteurs si élevée, qu'un renouvellement naturel du peuplement de sapin est pour ainsi dire rendu impossible. C'est pourquoi la solution à ce problème passe par une collaboration étroite avec les chasseurs. Le sapin a connu sa régression la plus massive entre les années 70 et 80 du siècle dernier. L'état de l'atmosphère était vraisemblablement la plus mauvaise à cette époque en Slovénie. La construction de stations d'épuration dans les centrales thermoélectriques et le passage à d'autre moyens de combustion ont par la suite contribué à une nette amélioration de la situation.
Arrêter la régression du sapin est un des grands objectifs des experts en foresterie, qui souhaitent par ailleurs préserver le pourcentage actuel de sapins dans les forèts, voire même atteindre les 10%. Part que la population de sapin occuperait naturellement dans les forêts slovènes selon leurs calculs. Pour y parvenir, l'approche doit être interdisciplinaire selon Diaci, et ce en dépit des divergences d'opinion des professionnels concernés (ingénieurs forestiers, écologistes, chasseurs, etc.) concernant la gestion future des écosystèmes. Quoiqu'il en soit, l'ONF et les propriétaires de forêts devront accélérer la plantation des sapins, et les chasseurs diminuer la concentration de gibier dans certains peuplements, afin de permettre le renouvellement naturel des populations de sapins. Le consommateur quant à lui devra faire la différence entre le bois de sapin et le bois d'épicéa. Le bois de sapin est en effet meilleur dans certaines de ses utilisations notamment la construction des maisons et de l'immobilier. Et à l'instar de leurs voisins Autrichiens, il serait temps que les Slovènes l'apprécient à sa juste valeur.
Le sapin constitue, avec le hêtre essentiellement, la structure de base des peuplements d'arbres dans bien des forêts de Slovénie. Sa préservation est à ce titre primordiale. Des recherches génétiques ont également montré que la Slovénie était l'une des régions d'Europe présentant la plus grande variabilité génétique de cette espèce, comme l'explique le doc. dr. Robert Brus : la raison en incombe à la migration de cet arbre des Balkans vers la Péninsule apennine; le développement des populations locales a sûrement contribué à cette grande variabilité. Elle prendra toute sa mesure dans le futur seulement, lorsque les populations naturelles devront faire preuve d'une grande capacité d'adaptation face aux changements climatiques. "Une des principales missions à venir sera de préserver la grande variabilité du sapin", souligne Brus.