Un protocole d'accord visant la préparation d'une stratégie commune de recherches et de développement dans le domaine de la technologie biomédicale a été signé hier dans les locaux de la Chambre de commerce entre 18 organisations partenaires comptant les trois plus grandes universités slovènes, l'Institut Jozef Stefan, le CHU de Ljubljana, l'Institut Oncologique, l'Institut de Motricité, et des entreprises reconnues telles que Gorenje, Iskra medical, Instrumentation Technologies, Iskra Electronics, Fotona, Hyb, Hipot_RR, Optacore, Optotek, SETCCE et MKS Elektronski sistemi.
Les raisons incitant à de nouvelles recherches dans les matériaux, produits, méthodes et services liés à la biomédecine et à la technologie biomédicale sont nombreuses. L'une d'entre elles est, à n'en pas douter, le fait que le nombre de maladies chroniques en Europe devrait augmenter de moitié d'ici 2020. Les experts prévoient que le nombre de personnes âgées de plus de 80 ans devrait tripler également d'ici 2050 en Europe et qu'un habitant sur quatre devrait avoir plus de 65 ans. A l'échelle mondiale, sont classées comme prioritaires les activités de recherche et de développement dans les domaines des nouvelles approches et des méthodes thérapeutiques assurant un vieillissement sein et autonome de la population, des outils de diagnostic et de la technologie médicale.
La recherche et le développement industriels sont particulièrement intensifs en matière de technique biomédicale et portent sur un large éventail d'outils allant de simples instruments médicaux aux appareils les plus complexes, tels que les tomographes informatisés, etc. Ces appareils reposent sur la haute technologie, comme les techniques sensorielles et de mesure qui ont en commun l'emploi de systèmes employant des algorithmes complexes d'analyse et de diagnostic, tels que la production de signaux bioélectriques et d'imagerie médicale par exemple. Les appareils destinés à la médecine préventive, à la réadaptation à domicile et au soutien à l'autonomie des personnes âgées et/ou handicapées en constituent un segment important.
La Slovénie abrite un grand nombre de sociétés commerciales tirant un profit conséquent de la vente d'appareils et de services de haute technologie dans le domaine de la biomédecine justement. En outre, il existe des groupes de recherche renommés dans les universités et les institutions médicales qui contribuent par leurs excellents résultats au domaine de la biomédecine à l'échelle mondiale. C'est à leur initiative que s'est créé un groupe de partenaires souhaitant concrétiser les efforts investis dans la recherche avec la création d'un Centre d'excellence de technologie biomédicale (CO BMT).
Comme l'expliquent les fondateurs du CE, le prof. dr. Damijan Miklavcic et le prof. dr. Franjo Pernus, tous deux de la Faculté d'électrotechnique de Ljubljana, ainsi que Damjan Zazula, de la Faculté d'électrotechnique et d'informatique de Maribor, l'idée principale est de parvenir à une synergie des potentiels de recherche et de développement. Un tel développement des nouveaux produits d'innovation permettra aux industries partenaires de leur assurer une meilleure compétitivité sur le marché exigeant de la haute technologie.
Certains domaines de la biomédecine sont privilégiés en Slovénie, comme l'équipement en électrochimiothérapie. Il est intéressant de savoir que les équipes de recherche de Ljubljana connaissent traditionnellement une renommée mondiale dans ce domaine. Selon le prof. Miklavcic, on peut rappeler le rôle important de l'équipe qui s'est formée autour du prof. Lojze Vodovnik, dans la recherche de la stimulation électrique fonctionnelle, la fameuse méthode SEF. Les visions, méthodes et principes d'ingénierie, conjugués aux efforts en direction d'une réadaptation plus humaine et efficace des patients, ont été développés par l'académicien dans les années soixante. Elles trouvent donc leurs origines à Ljubljana et se sont répandus à partir de la capitale slovène vers les pays les plus développés du monde, comme les E.U. ou le Japon.
La tradition s'est perpétuée dans ce domaine et, aujourd'hui encore, il existe de nombreux groupes reconnus mondialement, leaders dans leur domaine d'activités. A titre d'exemple, citons le groupe de recherche dans le domaine de l'imagerie médicale du prof. Pernusa ou bien le groupe dirigé par le prof. Zazulo à l'Université de Maribor, qui s'occupe de la décomposition de l'EMG, autrement dit des signaux de l'activité électrique des muscles, ou bien le groupe de la Faculté d'électrotechnique de Ljubljana qui depuis une quinzaine d'années déjà collabore avec succès avec les experts de l'Institut d'Oncologie dans le domaine de l'électroporation.
L'objectif de base des projets mentionnés ci-dessus et des autres consiste à mener les recherches et suivre les processus de développement nécessaires à l'élaboration de prototypes ainsi qu'à l'amélioration de l'équipement biomédical déjà existant. Un des exemples de bonne pratique est justement le projet de l'électroporation qui a conduit au développement d'électrodes et à l'élaboration d'un appareillage utilisés en pratique clinique dans plus de 50 centres médicaux en Europe. Les groupes de recherche ayant eu de bonnes expériences avec cette méthode, sont en train d'en développer de nouvelles. L'une d'entre elles consiste à utiliser l'échographie et son influence sur les propriétés des cellules membraneuses. Le groupe de recherche en charge du projet a l'intention de vérifier comment cette méthode s'articule autour des nouvelles applications médicamenteuses transcutanées.
En dépit de sa petite taille, la Slovénie ne manque pas de scientifiques et de chercheurs à la pointe de leur domaine. Selon le dr. Miklavcic, le groupe de recherche de l'entreprise Instrumentation Technologies en est une excellente illustration. Ce dernier a prévu de mener des recherches visant à découvrir de façon plus précise, plus sensible et plus sûre les petites tumeurs dans le corps, et à établir plus rapidement des diagnostics à l'aide de la tomographie à émissions de positons (TEP).
Le Centre d'excellence de technologie biomédicale présente une particularité intéressante ; une note sociologique lui a en effet été apportée avec l'étude des processus de la technologie. Les initiateurs du projet cherchent ainsi à cibler ce qui permet aux bons éléments de devenir excellents et garder à l'esprit pourquoi les éléments moyens tombent en disgrâce.