Dans l'optique de la prochaine Conférence sur le changement climatique de Copenhague, les régions alpines jouent la carte de l'autarcie énergétique. A l'occasion du Colloque de Dobbiaco, évènement historique de dialogue culturel et scientifique sur l'écologie, la province autonome du Haut Adige a annoncé l'élimination totale de la consommation d'énergies fossiles d'ici 2020.
D'après l'Assesseur à l'Environnement et à l'Energie de la province, Michl Laimer, le territoire présente déjà un bilan intermédiaire avec 56% de sa consommation en énergie basée sur les énergies renouvelables, contre une moyenne de 5,2% en Italie ou même de 39.,8% pour un pays comme la Suède. L'objectif est d'atteindre les 75% d'ici 2013 et 100% en 2020.
La consommation en énergie de la Province est constituée pour 29% d'électricité et pour 71% de demande thermique. Le besoin en électricité est entièrement couvert par la production hydroélectrique, assurée par 930 centrales, d'une puissance comprise entre 200 et 3000 KW, pour une production nette supérieure de 50% aux besoins locaux. 27% de la demande thermique est aujourd'hui couverte par les energies renouvelables et 44% par les énergies fossiles, pourcentage qu'il s'agit donc de réduire à zéro.
Pour atteindre cet objectif qualifié de "réaliste" à l'horizon 2020, la région entend miser sur l'utilisation des biomasses, de l'éolien, du solaire et de l'hydrogène. Actuellement, 63 centrales à biomasse produisent annuellement 350MWh et sont alimentées à hauteur de 15% par le bois des forêts locales et pour le reste, par les déchets des scieries. L'objectif est d'augmenter de façon importante le quota dérivant de la culture forestière. C'est dans cette optique que l'Association pour les biomasses est en train de mettre au point un plan d'action pour assainir le patrimoine forestier, favorisant le débit des plants les plus vieux et le lancement d'actions de forestation.
Le second atout sur lequel mise la province est basé sur le biogaz et les capteurs solaires thermiques. 31 installations traitent les déjections animales et les déchets organiques, produisant de l'éclectricité à hauteur de 13 millions de KWh. Au niveau du solaire, on arrive aujourd'hui à un total de 1068 installations de panneaux pour la production électrique auxquelles il faut ajouter 17.700 installations de panneaux solaires thermiques, ce qui permet à Michl Laimer d'affirmer que 50% des installations utilisant l'énergie solaire en Italie se situe dans le Haut Adige. La province est d'ailleurs en voie de conclure un accord avec la Ligue des agriculteurs pour installer des toits photovoltaiques sur tous les masi (type d'exploitation/habitation propres à la région) du Haut Adige.
La logique qui inspire l'ensemble de ces actions sur le territoire consiste à ce que tous les citoyens produisent leur propre énergie et s'habituent à l'administrer et à la distribuer. Le cas le plus emblématique est celui de Dobbiaco où la centrale à biomasse est la propriété d'une coopérative impliquant 700 familles et entreprises de la commune. D'ailleurs, dans la province, 291 petites installations géothermiques sont en fonction et 7 sites ayant passé avec succès une évaluation environnementale stratégique verront l'installation de 5.000 sondes en mesure de capter la chaleur du sol.
Enfin, la dernière clé de ce plan énergétique est l'hydrogène : la première pierre de la future centrale de Bolzano, basée sur l'énergie hydroélectrique, a été posée. A Rovereto, ce sont les énergies solaire et éolienne qui seront à la base de la production des centrales à hydrogène.