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BE Allemagne 459  >>  12/11/2009

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Climat
Conférence de Lord Nicholas Stern sur le changement climatique le 4 novembre 2009 à Berlin

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61203.htm

Nicholas Stern est membre de la Chambre des Lords du Parlement britannique et président de l'Institut de recherche Grantham sur les changements climatiques et l'environnement à la London School of Economics and Political Science. L'économiste qui a été rendu célèbre par la publication en octobre 2006 du "Rapport Stern" sur l'économie du changement climatique, a débuté ce mercredi 4 novembre 2009 le cycle de "Climate Lecture" mis en place par l'Université technique (TU) de Berlin. A cette occasion, il a reçu le titre de Docteur honoris causa de la TU Berlin.

Lord Stern a rappelé que les changements climatiques prédits par les projections d'émissions de gaz à effet de serre (GES) dans les conditions de "business-as-usual" entraîneront une augmentation des températures sur l'ensemble du globe, des migrations de populations et des conflits sans précédent dans l'histoire humaine. En revanche, il a souligné que la transition vers une économie sobre en carbone contribuerait à relancer l'économie et favoriserait l'innovation.

M. Stern s'est félicité des progrès récents réalisés dans certaines parties du monde :
- le Japon devrait réduire d'ici 2020 ses émissions de 25% par rapport à 1990 ;
- le président chinois, Hu Jintao, a annoncé lors du sommet des Nations Unies à New York en septembre 2009 que son pays réduirait "de façon significative" ses émissions de CO2 d'ici à 2020 par rapport à 2005 et porterait à 15% la part des énergies non fossiles dans la consommation nationale d'énergie de base de la Chine ;
- Jairam Ramesh, le ministre de l'environnement indien, a exposé en octobre 2009 une large série de mesures dans divers secteurs en vue de réduire les émissions de GES. L'Inde vise à obtenir 20% de son approvisionnement énergétique à partir des ressources solaires, éoliennes hydro-électriques d'ici 2020.
- Aux Etats-Unis, les progrès sont plus lents, mais le Président Obama a exprimé son engagement clair pour une réduction significative des émissions de GES. Quelques signes de progrès sont également à noter au sein du Congrès américain.

Au niveau européen, des progrès ont été perçus lors du Conseil européen fin octobre 2009. Dans ce contexte, il est indispensable que l'UE conserve et intensifie son leadership dans le domaine de la politique environnementale et son engagement pour une économie durable. Afin d'envoyer un message clair et ambitieux aux autres nations, l'UE doit adopter des mesures encore "plus durables" [1]. Stern appelle l'UE à s'engager d'ores et déjà à réduire d'ici 2020 ses émissions de gaz à effet de serre (GES) de 30% par rapport à 1990 [2]. Ceci devrait convaincre d'autres pays à prendre, eux aussi, des engagements plus ambitieux.

D'après l'économiste, l'UE devrait également prendre l'initiative parmi les pays riches en plaidant pour un engagement ferme de la part des pays développés de contribuer, dès 2015, à hauteur de 50 Mds US$ [3] par an pour soutenir les plans d'action pour l'atténuation des changements climatiques et l'adaptation dans les pays en développement. Cette somme permettrait aux pays en développement de réduire leurs émissions de GES et de surmonter les défis supplémentaires que le combat contre le changement climatique pourrait induire (ex : pauvreté).

L'aide devra être financée par le biais des finances publiques et des marchés carbone et calculée en fonction de la population, de la richesse et de la contribution aux émissions mondiales de GES des Etats membres. Cette somme pourrait s'élever à 100 Mds US$ en 2020 puis à 200 Mds US$ [4] au cours de la décennie suivante à mesure que les programmes d'adaptation sobres en carbone s'établiront.

Les priorités immédiates sur la façon dont le soutien des pays développés aux pays en développement devrait être employé sont les suivantes :
- arrêter la déforestation [5],
- soutenir l'adaptation et les mesures d'atténuation dans les pays d'Afrique et d'autres pays vulnérables [6],
- renforcer les réductions des émissions dans le reste du monde en développement.

Dans son discours, N. Stern a mis en garde l'UE de ne pas commettre l'erreur de considérer les réductions d'émissions comme un simple "exercice de partage des charges". Selon N. Stern, il s'agit plutôt d'un processus d'innovation et d'investissement qui permettra d'une part d'éviter les risques induits par de profonds changements climatiques et d'autre part de promouvoir une dynamique de transition vers une économie à faible émission de carbone et ainsi engendrer une nouvelle ère de progrès et de prospérité.

Les pays résolus d'ores et déjà à agir de manière ferme et à ne pas différer les mesures énergétiques, économiques et sociales nécessaires, bénéficieront de larges avantages. Les Etats qui s'engagent rapidement et efficacement dans cette voie peuvent notamment devenir des leaders sur les marchés des nouvelles technologies à faible intensité carbonique. Cette approche est par ailleurs plus rentable en termes de coût. Les investissements pour une économie à faible émission de carbone peuvent par ailleurs contribuer à la reprise économique.

D'après les estimations, les émissions mondiales de GES s'élèveront à environ 47 Gt pour 2010. Or, pour éviter une élévation de la température moyenne mondiale de plus de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels, il est nécessaire de réduire les émissions à environ 44 Gt en 2020 [7]. D'après les déclarations actuelles des "gros émetteurs", la réduction des émissions de GES permettrait seulement d'atteindre 49 Gt en 2020. Les mesures actuelles ne suffiront donc pas à limiter raisonnablement les émissions de GES d'ici 2020. D'après Stern, des résolutions plus ambitieuses de la part de l'UE pourraient déclencher d'autres réactions similaires à l'étranger et ainsi combler la différence de 5 Gt.

--

[1] "L'UE doit promouvoir une vision à long terme vers un monde sobre en carbone, plus sûr, plus propre, plus silencieux, plus économe, avec une meilleure biodiversité et une énergie plus sure."

[2] A l'heure actuelle, l'UE s'engage d'ici 2020 à réduire ses émissions de GES de 20% par rapport à 1990. L'Europe se laisse la possibilité d'étendre cet objectif à 30% seulement si un accord international ambitieux et complet avec des réductions " comparables " pour les autres pays développés et des mesures appropriées pour les pays émergents est mis en place.

[3] Stern a relativisé ce montant en rappelant que 50 Mds US$ représentent 0,1% du PIB actuel des pays riches. Cette somme semble donc modeste par rapport aux coûts probables induits par le changement climatique si aucun accord international solide n'est convenu dans ce but.

[4] 100 Mds US$ dédiés au volet atténuation et 100 Mds US$ dédiés au volet adaptation.

[5] Cela représente environ 15 Mds US$ des 50Mds US$ d'aides imaginées par Stern.

[6] Cela représente 15 à 20 Mds US$ des 50Mds US$ d'aides imaginées par Stern.

[7] soit moins de 35 Gt en 2030 et moins de 20 Gt en 2050.

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Pour en savoir plus, contacts :

La vidéo de la conférence est téléchargeable à l'adresse suivante : http://www.tu-berlin.de/?id=70989

Code brève
ADIT :
61203

Source :

"Climate Lecture" de Lord Nicholas à l'Université technique de Berlin - 04/11/2009

Rédacteur :

Julien Sialelli, julien.sialelli@diplomatie.gouv.fr

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Origine :

BE Allemagne numéro 459 (12/11/2009) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/61203.htm
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