Pour l'année académique 2008/2009, 22% des nouveaux étudiants en sciences de l'ingénieur étaient des étudiantes. Au début des années 90, elles n'étaient que 16%. L'Allemagne mène une politique d'encouragement des carrières scientifiques chez les femmes avec des campagnes de publicité ou des événements comme le Girls-Day (journée de promotion des métiers techniques et scientifiques auprès des écolières). En plus de favoriser la parité dans un secteur très masculin, les autorités allemandes espèrent aussi limiter les effets des futurs départs en retraite de la génération du Baby-boom.
La plupart des experts soulignent que la source du désintéressement des femmes pour les matières scientifiques (mathématiques, informatique, sciences naturelles et techniques) se trouve plus en amont, à l'école primaire et secondaire. Les filles ne sont pas assez encouragées à s'intéresser à ces matières. Par ailleurs, le manque de confiance en soi dans les domaines techniques semble être une autre raison de la désaffection des femmes pour ces filières, selon une étude menée par l'Académie allemande des sciences techniques Acatech.
Les femmes sont aussi très mal représentées à l'université : seule une chaire sur treize dans le domaine scientifique est occupée par une femme. C'est toutefois trois fois plus qu'au début des années 90. Rappelons d'ailleurs que dans le monde universitaire, seulement 16% des chaires sont occupées par des femmes d'après le dernier rapport sur l'égalité des chances dans les sciences et la recherche publié par la conférence scientifique commune (GWK). Le changement proviendra certainement des jeunes ingénieures qui font preuve d'un grand dynamisme : en 2007, parmi 66 agrégés en sciences de l'ingénieur, plus d'un cinquième étaient des femmes.
D'un point de vue plus général, les femmes représentent la moitié des étudiants d'université et plus de 50% des diplômés. En biologie et en mathématiques, elles sont 40% ; en sciences humaines et sociales et dans les filières de langues étrangères, elles représentent près des trois quarts des étudiants. Les grands organismes de recherche (Max Planck, Fraunhofer, Leibniz et Helmholtz) comptent 30% de femmes dans leur personnel de chercheurs. La société scientifique Fraunhofer possède, avec 17% de collaboratrices, le taux le plus bas des organismes cités précédemment. Ceci est principalement dû à la grande proportion d'ingénieurs travaillant dans les instituts de recherche Fraunhofer. Enfin, la gente féminine occupe seulement un dixième des postes de dirigeants, soit cependant cinq fois plus qu'en 1992.