Un séminaire tenu à l'université de Stockholm le 6 novembre dernier a présenté la situation du français au Danemark, en Suède, en Norvège et en Finlande. Le séminaire animé respectivement par les professeurs Kjersti Fløttum (Université de Bergen, Norvège), Michael Herslund (école de commerce de Copenhague, Danemark), Juhani Härmä (Université d'Helsinki, Finlande) et Gunnel Engwall (Université de Stockholm, Suède) a permis de dresser un historique de l'enseignement du français dans les pays scandinaves.
En Norvège, les études universitaires de français remontent à 1871 à l'université d'Oslo. En 1956, Bergen crée un département de langues romanes comme Agder en 1969. En 1975, le français apparaît à Trondheim à l'université (Norges Teknik). Une réforme récente a transformé les départements de langues romanes en départements de langues, littératures et civilisations. Le français est concurrencé par l'espagnol et la chinois notamment avec l'institut Confucius de Bergen.
Au Danemark, les études universitaires de français s'enracinent dans une tradition vieille de deux cents ans. Il existe des échanges universitaires importants à l'instar de celui entre les universités d'Aarhus et de Grenoble. L'apprentissage de la langue française y décline régulièrement depuis 1977. Une première réforme en 1988 a mis fin au statut de langue obligatoire qu'avait le français au lycée.
En Finlande, il existe une tradition très ancienne de l'enseignement du français remontant à 1670 (Académie Royale d'Abo). Au XIXe siècle, les Russes y ont encouragé une tradition philologique considérable à l'instar de Carl Gustaf Estlander (1834-1910) et de Werner Söderhjelm (1859-1931). En 1887 est fondée la société des nouveaux philologues rassemblant les linguistes les plus éminents parmi lesquels Veikko Väänänen, Launo Nurmela, Erik von Kraemer, Lauri Lindgren, Gautier de Coinci, Leena Löfstedt, Elina Suomela-Härmä.
En Suède, le français acquiert ses lettres de noblesse à l'Université d'Uppsala en 1637 grâce au maître des langues (Språkmästare), Isaac Cujacius. Un ouvrage de didactique du français est publié par Alexandre du Cloux en 1646. Au XIXe et au XXe siècles, les études universitaires de français se structurent à Uppsala autour de Per Adolf Geiger (1841-1919), d'Anna Ahlström (1863-1949), cette dernière ayant été la première femme à obtenir le grade de docteur en linguistique.
A Lund, la didactique du français a été influencée au XIXe siècle par des grands spécialistes tels qu'Emanuel Olde (1802-1885) et l'université de Göteborg possède d'éminents linguistes (Karl Michaëlsson). L'Ecole de Stockholm s'est structurée après la Seconde Guerre mondiale avec notamment Bertil Maler, Ake Blomqvist et Gustaf Holmér. Si l'on résume l'évolution de la didactique du français en Suède, on peut constater que le XIXe siècle a été marqué par des professeurs de langue aux compétences généralistes tandis que le XXe siècle a vu émerger des profils spécialisés de professeurs et de chercheurs en linguistique.