De nouvelles recherches montrent que la température de la région arctique a diminué durant 2000 ans avant de remonter lors du siècle passé.
Plusieurs méthodes permettent de déterminer les variations de température de manière précise, très souvent à l'année près. Les anneaux formés par la croissance des arbres peuvent permettre de donner une estimation précise de la température, ainsi que, pour la température marine, l'analyse des couches successives de sédiments marins. On peut aussi utiliser les informations contenues dans la calotte glaciaire arctique. En effet, ces calottes, formées par accumulation de neige et par compression de celle-ci sous son propre poids, contiennent des bulles d'air donnant l'information sur la température de l'année au cours de laquelle la neige est tombée. L'extraction de carottes de glace permet de déterminer la température pour chaque couche annuelle, en remontant à plusieurs milliers d'années.
L'équipe de l'Institut Niels Bohr, à Copenhague, a choisi de s'intéresser conjointement à toutes ces méthodes, afin de comparer les résultats obtenus.
Une équipe internationale de chercheurs a collecté des données de 23 sites arctiques. La carte suivante montre la localisation de ces sites. Les points bleus indiquent l'extraction de carottes de glace, les points verts l'utilisation d'anneaux d'arbres et les points noirs l'utilisation de sédiments marins.
Il s'agissait d'utiliser des données provenant de différentes sources afin de voir comment le climat arctique a varié ces derniers millénaires. Les données collectées montrent que la température a baissé régulièrement durant ces 2000 dernières années d'environ 0.2 °C par millénaire. Ce refroidissement était dû à une baisse de l'intensité des radiations solaires, provoquée par de lentes variations de l'inclinaison terrestre et de l'orbite de la Terre autour du soleil. Le refroidissement fut maximal durant le "Petit âge glaciaire" entre 1600 et 1850.
Cependant, bien que les radiations solaires estivales aient continué à baisser, ce qui aurait dû provoquer une baisse continue de la température, le travail des chercheurs montre que la température a augmenté à partir de 1900, d'environ 0.7 °C. Cette augmentation de température coïncide avec le début de l'industrialisation, et a induit quatre des cinq décennies les plus chaudes des deux derniers millénaires. De plus, la période entre 1999 et 2008 apparait comme l'une des plus chaudes, avec une température moyenne excédant de plus de 1°C les prévisions des modèles climatiques.
Enfin, la température de la région Arctique a augmenté environ trois fois plus vite que la température moyenne de l'hémisphère Nord. Ceci est provoqué par un phénomène bien connu des climatologues : le rétrécissement des surfaces claires (neige et glace), qui reflètent de manière quasi-totale le rayonnement solaire, rend visibles les surfaces plus foncées, qui absorbent les rayonnements solaires. Le réchauffement est ainsi amplifié.
"Nos résultats sont en complet accord avec les modèles climatiques, et tout indique que le réchauffement de la température Arctique est provoquée par l'homme", conclut Bo Vinther, chercheur à l'Institut Niels Bohr.