Les lunettes auto-ajustables peuvent changer la vie des personnes ne pouvant avoir recours à un opticien. Une compagnie néerlandaise, Focus On Vision, a ainsi mis au point des lunettes dont la correction peut changer en fonction les lentilles glissées entre chaque verre.
Le procédé est simple : un simple panneau imprimé fixé à un arbre, une explication concise de Jan in't Veld, l'une des personnes ayant participé à cette innovation, traduite par un interprète local et les villageois peuvent régler eux-mêmes et facilement les lunettes à leur vue. Le réglage est rapide : une molette à tourner sur le côté des lunettes suffit à en modifier le dioptre. Il faut alors voir le visage des habitants s'éclairer pour comprendre à quel point cette invention peut leur changer la vie : avec des lunettes, ils peuvent à nouveau lire, prendre soin d'eux, travailler, être instruits. Ils reprennent le contrôle de leur vie.
S'il y a eu une campagne publicitaire importante autour du physicien britannique Joshua Silver et ses lunettes ajustables, c'est pourtant en 2003 que le beau-fils d'In't Veld, Frederik van Asbeck avait, le premier, conçu de telles lunettes. Le modèle de ce dernier possède de nombreux avantages significatifs par rapport à son concurrent britannique, qui n'en ai encore qu'à sa phase expérimentale. De plus l'équipe néerlandaise affirme pouvoir produire un million de paires par an au prix d'un euro l'unité (contre 19 dollar pour l'équipe britannique).
Avec les Focusspec, une personne avec une mauvaise vue n'a pas besoin de spécialiste : tout le monde peut ajuster ses lunettes soi-même. La focalisation des verres varie entre +0.5 et +4.5 dioptres d'une part et -1 à -5 dioptres d'autre part. D'après le concepteur de la production à grande échelle, Ron Kok, le modèle reste assez léger, facile à porter, d'apparence raisonnable, mais aussi résistant à la poussière, à l'humidité et aux rayons du soleil.
Les 30.000 premières paires ont été envoyées vers l'Afghanistan et la Tanzanie ce mois-ci. A terme, l'équipe espère voir ce multiplier les points de vente ; ils ont aussi pour projet de transmettre la technologie de production aux pays en développement, ce qui n'est pas possible pour le moment en raison de la complexité de la technologie employée.
L'équipe pense déjà à développer de telles lunettes en version solaire aux Pays-Bas ou comme paire de rechange pour la voiture, voire après une opération de la cataracte. L'équipe travaille également à une adaptation pour les enfants. Mais le sujet est plus délicat. Les médecins craignent que les enfants abîment leur vue en ajustant mal leurs lunettes. Pourtant, un enfant sans lunettes ne peut suivre ses leçons, dont dépend son avenir.