Une étude réalisée par le Laboratoire d'Anthropologie Légiste de l'Université de Grenade va permettre d'accélérer l'identification de plus de 2.000 kosovars disparus pendant la dernière guerre en ex-Yougoslavie. La méthode s'appuie sur le développement d'une nouvelle technique légiste basée sur l'étude des côtes et du pubis, qui pourra être de grande utilité pour l'identification de victimes lors de conflits armés.
Cette méthode d'identification des corps mise en place par l'Université de Grenade n'est pas seulement applicable aux populations albano-kosovars mais aussi aux différents groupes ethniques qui habitent le Kosovo (roms, serbes et autres populations d'ex- Yougoslavie). Elle peut également s'étendre aux albanais d'Albanie et d'autres régions des Balkans ou d'Europe, et aux serbes de Serbie ou du reste des Balkans. L'identification ne servira pas seulement à reconnaître l'identité de personnes disparues lors d'un conflit armé comme au Kosovo, mais aussi à l'analyse de restes humains décomposés, momifiés, ou à l'état de squelette. Cette technique permettrait d'avoir un impact presque immédiat sur l'identification des corps retrouvés puisque l'on estime à 2.000 le nombre de disparus.
Entre 1998 et 1999, plus de 850.000 albano-kosovars et environ 200.000 serbo-kosovars ont été déplacés de leur lieu de vie d'origine ; parmi eux beaucoup ont été tués, et 5.238 ont disparu. En 2002, l'ONU a créé un bureau chargé du problème des personnes disparues dont la mission est d'exhumer, d'analyser, d'identifier et de remettre à leur famille, les restes des victimes du conflit au Kosovo. Durant l'identification des disparus au Kosovo, ce bureau a mis en évidence que les paramètres utilisés pour déterminer l'âge à partir des analyses du pubis et des côtes ne s'adaptait pas à la population locale.
Le travail réalisé par l'Université de Grenade a donc été de proposer de nouveaux critères et classes d'âge, basés sur ces mêmes méthodes mais ajustés aux caractéristiques spécifiques des kosovars. Pour atteindre cet objectif, des données d'analyses anthropologiques de 2.066 individus ont été utilisées au moyen de tests ADN entre 2002 et 2007.
Une partie des résultats de cette recherche a été publiée dans la revue Maguare, du Département d'Anthropologie de l'Université Nationale de la Colombie.