Une étude réalisée par des chercheurs de l'Université Carlos III de Madrid montre que les transferts de ressources à travers le commerce, les dons et les aides pourraient éviter jusqu'à neuf guerres sur dix dans certains types de conflits belliqueux.
Les économistes se sont penchés dans cette étude sur les moyens de dissuation pour désamorcer les guerres en l'absence de structures protectrices qui veillent au respect des traités de paix telles que l'ONU. Dans ce cas, la seule chose que peuvent faire les pays est de transférer des ressources (à travers des accords commerciaux, des dons ou des aides) et attendre l'accalmie. Lorsque la cause d'un conflit est l'inégalité des ressources, dans la grande majorité des cas, les transferts de richesses évitent de recourrir à la guerre. C'est en tous cas ce qu'affirment les chercheurs de l'Université Carlos III de Madrid en collaboration avec l'Université Autonome de Barcelone. L'étude est publiée dans une revue économique appelée Games and Economic Behavior.
A l'aide d'une série d'hypothèses, les chercheurs ont remarqué que la probabilité qu'il se produise une guerre passe de 4,6% à 38,6% respectivement lorsqu'il y a ou non un échange commercial. Selon leur hypothèse toujours, les transferts de ressources éviteraient à 88% le recours à la guerre. Cependant, cette hypothèse n'est pas utile dans de nombreux contextes. En effet, lorsque la probabilité d'une guerre ne dépend quasiment pas des ressources, les raisons du pays le plus pauvre d'attaquer sont tellement fortes qu'elles l'emportent sur le reste. Ou à l'inverse, lorsque les probabilités de gagner la guerre dépendent des ressources, il y a peu de chance de pouvoir arrêter l'attaque du pays le plus puissant.
Cette étude fixe les limites des politiques d'apaisement et montre que dans de nombreuses situations il n'est pas nécessaire qu'un pays tiers s'interpose pour garantir la paix puisque les négociations entre les pays bélligérants au sujets de transferts peuvent arrêter les agressions.
Les auteurs de cette étude partent du présupposé que la guerre est une décision rationnelle en excluant volontairement des éléments étrangers à l'économie qui ont un poids important pour comprendre ses origines, tels que la religion, les conflits ethniques, les raisons historiques ou émotionnelles. Ils ont trouvé trois causes fondamentales des conflits armés : l'inégalité des ressources ; et le fait que le résultat de la guerre ne dépend ni de la dotation matérielle ni de la supériorité militaire du pays le plus puissant d'un point de vue économique.
Cette étude a fait partie d'un programme de recherche sur l'impact et les origines du conflit à propos de la répartition des ressources. Les auteurs ont voulu analyser les causes économiques des conflits en indiquant une solution afin de les éviter. Si les facteurs émotionnels, éthniques et religieux ne sont pas pris en compte, de nombreux conflits peuvent s'expliquer comme des mouvements d'acteurs rationnels recherchant leur propre bénéfice, essentiellement matériel. Il peut s'agir de ressources, mines, de populations, de terres fertiles, etc.
L'étude nous fait aussi prendre conscience qu'une société où tous les agents agissent de façon rationnelle peut se révéler auto-destructrice.