La production d'énergie d'origine géothermique a suscité un intérêt majeur ces dernières années en Europe. Historiquement, les plus anciennes installations géothermiques de type basse enthalpie ont été réalisées en France et en Suisse. En 1987 débuta à Soultz-sous-Forêts en Alsace en la construction du projet pilote d'EGS (Enhanced Geothermal System), toujours en activité aujourd'hui et qui a produit ses premiers kWhs commerciaux en octobre 2009. Dernièrement en Suisse, le projet "Deep Heat Mining" à Bâle s'est soldé par un échec. Ce programme prévoyait l'exploitation d'une centrale géothermique. Néanmoins, les injections d'eau à haute pression jusqu'à des profondeurs de 5 km entraînèrent plus d'une centaine de secousses entre la fin 2006 et le début 2007, dont trois secousses d'une magnitude supérieure à trois sur l'échelle de Richter (3,4 pour la plus intense, le 8 décembre 2006).
Le gel du projet de Bâle a ralenti les initiatives suisses dans le domaine de la géothermie, mais celles-ci ont été néanmoins poursuivies et relancées récemment, notamment par la ville de Zürich. Le programme mené par l'électricien zurichois ewz vise l'alimentation en énergie thermique de l'hôpital du Triemli, de l'immeuble de la coopérative de construction Sonnengarten et d'autres logements voisins de l'hôpital.
A la lumière des problèmes rencontrés à Bâle et des informations qui en ont été tirées, le projet zürichois s'en distingue nettement. L'eau n'est pas injectée sous pression dans le sol, mais simplement prélevée à 3 200 mètres, profondeur à laquelle les scientifiques espèrent pouvoir exploiter de l'eau à 80 degrés. De plus, selon Andres Türler, conseiller municipal et dirigeant des services industriels, la zone choisie est stable et la mise en place du projet n'est pas susceptible d'induire des tremblements de terre. Ce projet de la ville de Zürich s'inscrit notamment dans le concept de "société à 2.000 Watts", initié par l'ETHZ et visant à diminuer la consommation d'énergie par habitant par trois. Andres Türler souligne également que la construction de cette centrale devrait aussi permettre de diminuer les émissions de CO2 de 2.000 tonnes par an.
Le 19 décembre 2008, le Parlement zurichois a voté un crédit de 19,9 millions de franc suisses (13,3 millions d'euros) pour un premier forage. Une rallonge budgétaire de 18,8 millions de francs (12,5 millions d'euros) a été demandée par les autorités pour la réalisation d'un second forage et la construction d'une centrale géothermique pour la production exclusive de chaleur. Le 29 novembre dernier, les citoyens de la ville de Zürich se sont prononcés à près de 4 électeurs sur 5 en faveur de l'attribution de cette rallonge.
Dans le cadre du développement des recherches sur l'énergie géothermique, l'Ambassade de France en Suisse a organisé les 9 et 10 novembre la première conférence technique franco-suisse sur la géothermie intitulée "Site géothermique et développement technologique". Lors de cette conférence ont notamment été effectués un bilan des installations géothermiques en activité ainsi qu'une mise en perspective des nouvelles techniques pour améliorer leur sécurité et leurs performances. L'organisation a été effectuée conjointement avec l'Université de Neuchâtel, l'une des seules au monde à détenir une chaire de géothermie.