Le NILU (Institut norvégien pour la recherche sur l'air) a organisé le 15 Octobre un séminaire à l'occasion de ses 40 ans avec pour thème "défis sans frontières". Basé à Kjeller, le NILU possède également des bases au centre polaire de Tromsø, aux émirats Arabes Unis, en Pologne et en Afrique du Sud. De nombreuses personnalités à la fois politiques et scientifiques étaient présentes pour cet évènement, notamment le ministre norvégien de l'écologie ainsi que la secrétaire d'état aux affaires étrangères, témoignant de l'importance nationale de ce centre de recherche.
Le thème du séminaire, "défis sans frontières", est une expression qui correspond exactement aux défis qui attendent aujourd'hui à la fois les politiciens et les scientifiques dans les combats qu'ils mènent contre la pollution.
Sans frontières entre les différents acteurs
Ce séminaire, en invitant à s'exprimer à la fois le ministre de l'écologie et la secrétaire d'état aux affaires étrangères a permis d'insister sur la nécessité pour les différents acteurs de la protection de l'environnement de travailler ensemble. Lors de son intervention, la Secrétaire d'état aux affaires étrangères a notamment noté qu'une grande partie de la politique norvégienne pour le grand Nord était de favoriser l'augmentation des connaissances sur les différents sujets concernant cette région, en favorisant la recherche dans le domaine. De l'autre côté, J.M. Pacyna du Center for Ecology and Economics a fait son exposé sur "le rôle de la science dans la prise de décision politique" en prenant pour exemple le cas de la pollution au mercure.
Sans frontières entre les pays
La pollution de l'air ne peut être considérée comme un problème national et doit bien évidemment être vu de façon globale. Les intervenants ont particulièrement insisté sur ce point. La question de la pollution de l'arctique en est notamment un bon exemple : Andreas Stohl a ainsi insisté sur la nécessité de se préoccuper aujourd'hui de cette pollution invisible (puisque se trouvant à des milliers de km de nos villes). Il a présenté les résultats d'études montrant l'impact de certains évènements parfois très éloignés tels que des feux agricoles en Europe de l'est. Les résidus, appelés "black Carbon, sont transportés par les vents et se retrouvent déposés dans la région arctique. D'où le danger que représente le développement du transport maritime par l'arctique (c'est-à-dire au niveau de la mer de Barents), ce qui augmenterait la pollution dans cette région. Dans une note plus positive, David Fowler a par ailleurs noté que la diminution des phénomènes de pluie acides, dus aux rejets de SO2, ont en grande partie été résolus grâce à une forte collaboration internationale qui a permis de prendre des mesures drastiques communes contre ces rejets.
Sans frontières entre pollution et réchauffement climatique
Bien qu'il s'agisse de deux phénomènes a priori différents, plusieurs études montrent aujourd'hui des liens étroits. Markus Amann a notamment fait un exposé sur les liens entre les polluants et les gaz à effet de serre et la nécessité d'avoir un co-contrôle des deux phénomènes afin d'obtenir un co-bénéfice.
Alors que la question de la pollution est actuellement peut être moins discutée en comparaison de la question climatique (avec l'approche du sommet de Copenhage), ce séminaire a été l'occasion de revenir sur l'actualité de la recherche dans le domaine et d'avoir un aperçu des défis qui attendent la communauté internationale.