L'année 2009 représente une étape cruciale dans la lutte contre le réchauffement climatique. La 15ème conférence des Nations Unies sur le changement climatique s'est ouverte à Copenhague ce lundi 7 décembre, pour débattre durant deux semaines sur cette thématique. L'ONU espère conduire 192 pays à signer un nouveau traité international destiné à succéder au protocole de Kyoto qui prend fin en 2012.
Fin novembre, pour préparer la Conférence, les représentants du G77 dont les représentants de la Chine, du Brésil, de l'Inde et de l'Afrique du Sud, se sont rencontrés à Pékin et ont remis une déclaration commune qui fixe leurs attentes pour le Sommet de Copenhague. Le texte, dont ils souhaitent qu'il s'inscrive dans le prolongement de l'accord de Kyoto, précise plusieurs points jugés non négociables comme l'adoption pour leurs pays respectifs d'objectifs contraignants de réduction d'émissions de CO2. Ils se sont mis d'accord sur le fait que la Conférence devrait inclure une coopération à long terme sur l'atténuation des gaz à effet de serre, l'adaptation aux impacts du changement climatique ainsi que la mise en place d'un support financier et technologique.
Quelques jours avant l'ouverture de la conférence, la Chine a ainsi annoncé un objectif chiffré en terme de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. Le pays souhaite réduire de 40 à 45% d'ici 2020 et par rapport à 2005, son "intensité carbonique" à savoir ses émissions de gaz à effet de serre par unité de PIB. "C'est une action volontaire prise par le gouvernement chinois en fonction des conditions du pays et une contribution importante aux efforts mondiaux pour lutter contre le changement climatique" a déclaré le gouvernement. Chen Ying, chercheur principal du Centre de Recherche pour le Développement Durable relevant de l'Académie Chinoise des Sciences Sociales (CASS), a déclaré qu'il était "manifestement déraisonnable" pour la Chine de faire l'objet d'une supervision internationale [1]. La Chine s'efforcera en effet d'atteindre son objectif par le biais de mesures nationales, de contrôle, d'évaluation et de mécanisme de responsabilisation.
Pour réussir cet objectif, la Chine, qui est largement dépendante du charbon, misera sur les énergies renouvelables. Les énergies propres devraient compter pour un tiers de la consommation chinoise d'ici 2050, ce qui équivaudrait à une économie de deux milliards de tonnes de charbon [2]. Les objectifs intermédiaires sont de 15% en 2020 et de 20% en 2030.
Cet objectif de réduction des émissions par point de PIB traduit la volonté de la Chine de trouver une solution sans pénaliser son développement économique. "Cela signifie que si l'économie chinoise continue de croître, les émissions augmenteront mais elles augmenteront plus lentement" explique Trevor Sikorski, qui dirige les recherches sur le carbone chez Barclays. La Chine a en effet annoncé qu'elle espérait que la Conférence permettrait d'atteindre des résultats "équitables et justes".
Cette annonce, comme celle des Etats-Unis, était très attendue à l'approche de la conférence sur le climat. En septembre, le président chinois Hu Jintao s'était seulement engagé à réduire "de façon notable" les émissions de gaz à effet de serre de son pays d'ici à 2020, mais n'avait précisé aucun objectif chiffré.