Le gouvernement coréen a annoncé début décembre qu'il envisageait de dépenser plus de 117 millions d'euros l'année prochaine dans plusieurs projets informatiques Internet de "cloud computing". Littéralement appelé l'informatique dans les nuages, le "cloud computing" décrit une nouvelle ère de l'usage d'Internet où non seulement l'information mais également les logiciels sont mis à disposition sur la toile, plutôt que sur un ordinateur personnel. Grâce au "cloud computing", un plus grand nombre d'applications et de données peuvent être disponibles directement en ligne et par conséquent sont accessibles via plusieurs plateformes technologiques telles que les appareils portatifs. Les plus grandes entreprises Internet et technologiques du monde telles que Google, Microsoft, Apple et Amazon, sont de plus en plus agressives dans le développement de ces services qui s'avèrent rapides, plus efficaces et moins chers que les systèmes d'information actuels.
La communauté technologique coréenne, en particulier les entreprises Samsung SDS et LG CNS, semble également profiter de cette vague, d'autant plus que les solutions de "cloud computing" ont été intégrées dans le plan de croissance verte qui est une des priorités du gouvernement coréen. Ces solutions visent à réduire la consommation des ordinateurs personnels, des télévisions, des écrans et des serveurs. Les projets de développement de "cloud computing" seront principalement conduits par des organisations gouvernementales et des entreprises privées et seront conjointement supportés par le Ministère de l'Economie de la Connaissance (MKE), le Ministère de l'Administration Publique et de la Commission des Communications de Corée (KCC). Ces deux ministères ont pour objectif de réduire les excès de dépenses et de réaliser une cohésion dans l'approche des technologies. "Les détails du plan de développement de "cloud computing" seront annoncés en fin d'année. Le budget n'a pas encore été décidé" indique un officiel de la KCC. Selon le quotidien local, le total des dépenses de ce projet pourrait s'élever à 117 millions d'euros.
Selon certains analystes, plusieurs années d'efforts seront nécessaires pour que l'informatique dans les nuages décolle en Corée. "On ignore encore si les entreprises seront disposées à abandonner une partie du contrôle de leurs données", surtout dans un pays où les réseaux sans fil sont presque toujours ouverts ce qui rend problématique la sécurité informatique.
Se vantant d'être une puissance technologique, le pays a été exposé à plusieurs reprises à des problèmes informatiques dus à ses normes de sécurité précaires, comme en témoigne l'attaque par déni de service (DDoS) subie l'été dernier et qui a paralysé plus de 80.000 ordinateurs. L'idée de lier plusieurs dispositifs en un seul grand serveur reste pour beaucoup suspecte.