Le département de formation continue de l'université d'Uppsala a invité le 7 décembre dernier Francine Cicurel [1], de l'université de Paris III - Sorbonne Nouvelle, pour animer un séminaire intitulé "L'agir professoral, chemins de traverse pour une pratique professionnelle à risque". Francine Cicurel entend par agir professoral "l'ensemble des actions verbales et non verbales, préconçues ou non, que met en place un professeur pour transmettre et communiquer des savoirs ou un "pouvoir-savoir" à un public donné dans un contexte donné". Dans cet agir professoral sont mêlés des éléments relevant d'une stratégie globale (planification des tâches du cours de langue) et d'autres relevant de la tactique (gestion de l'imprévu, rebondissements par rapport aux interactions avec les apprenants).
L'analyse des pratiques de transmission (c'est-à-dire les manières mises en place par le professeur pour transmettre), du répertoire didactique (ressources dont un professeur dispose) et des verbalisations (façon qu'a le professeur de revenir sur sa pratique) sont des pistes méthodologiques contribuant à étudier un agir professoral qui ne conduit en aucun cas à une forme de jugement. L'agir professoral permet de comprendre les mécanismes de conception du cours de langue (décisions, actions qui changent un rapport à l'environnement) et révèle la panoplie des représentations (maximes que le professeur a sur la bonne pratique par exemple) des rôles des enseignants et des apprenants grâce à l'étude d'un corpus de transcriptions de séances de classes. En définissant l'action comme prise de risque à la manière d'Ervin Goffman [2], Francine Cicurel rappelle la complexité de la tâche de l'enseignant et en particulier de l'enseignant de langues qui est face à un domaine très vaste.