Le forage de la glace qui sépare l'homme du lac sous-glaciaire Vostok, dans l'Antarctique, pourrait être prochainement achevé. Il a atteint la cote de 3.666 m et 54 cm, a indiqué Alexandre Bedritski, le patron des Services hydrométéorologiques de Russie (Rosguidromet). C'est de cet organisme et de ses instituts de recherche que dépendent les chercheurs qui, au pôle Sud, tentent d'accéder au lac Vostok. Le forage vers le lac devrait reprendre au début de la saison 2010, a annoncé Alexandre Bedritski.
Le lac Vostok est le plus grand bassin sous-glaciaire de l'Antarctique. Les scientifiques pensent que la vie dans ce lac pourrait être semblable à celle existant sous la glace de certains satellites des planètes géantes du Système solaire. Selon Alexandre Bedritski, la vie s'est développée de manière parfaitement autonome dans le lac Vostok, qui pourrait être vieux de plus d'un million d'années.
L'épaisseur de la couche d'eau du lac Vostok serait supérieure au kilomètre. Pour parvenir jusqu'à elle, les scientifiques devront achever de forer le puits sur lequel ils travaillent depuis des années. Ce forage, qui s'avère extrêmement difficile à réaliser dans sa phase finale, a dû être interrompu à plusieurs reprises dans la dernière période. Si 3.666 mètres ont déjà été forés, les quelques dizaines de mètres restant posent bien des problèmes aux scientifiques, d'ordre à la fois technique (ruptures de matériels, et donc retard important dans la progression) et écologique.
Certains de nos partenaires étrangers craignent que les scientifiques russes ne "contaminent" le lac en y introduisant des microorganismes exogènes, a indiqué Alexandre Bedritski. "Toutes les exigences vis-à-vis des technologies actuelles garantissent pleinement un forage sûr, a-t-il rétorqué".