Le conseil de surveillance de Rosnano, le groupe public russe chargé des nanotechnologies, a confirmé son implication dans le financement d'un projet réalisé par trois sociétés russes (EMI, IKO et REX), avec le concours de la société britannique Alphasense. Le volume total des investissements sera de 571,5 millions de roubles, dont un peu plus de 136 millions versés par Rosnano.
L'originalité du projet tient au fait que pour fabriquer ces capteurs de gaz, ses concepteurs vont recourir à des couches de semi-conducteurs polycristallins de taille nanométrique pour la production en série des éléments-clés des capteurs - les sources de rayonnement et les récepteurs photogalvaniques.
Le projet prévoit la fabrication de trois modèles de capteurs, destinés à être utilisés dans des analyseurs de gaz portatifs ou fixes pour détecter la présence de gaz déflagrants sur la base des technologies de pointe russes. Ces appareils sont très demandés, pour garantir la sécurité des personnes et des matériels, par l'industrie houillère (dans les mines), les secteurs pétrogazier et pétrochimique (pour la production, le transport et le traitement des hydrocarbures), le secteur énergétique et les collectivités locales (centrales électriques et chaudières au gaz), ainsi que par les télécommunications (surveillance des réseaux câblés souterrains).
Le recours à ces capteurs permettra d'en finir avec plusieurs problèmes: impossibilité de fonctionnement des appareils dans un environnement très humide; temps de réaction trop lent; impossibilité de garantir un fonctionnement régulier en raison de la décharge périodique des blocs d'alimentation due à une consommation trop élevée des capteurs.
Au coeur de la conception du nouveau produit figure un capteur optique infrarouge. Celui-ci présente plusieurs avantages par rapport aux capteurs habituels: temps de réaction moindre (5,5 secondes contre une dizaine pour ses concurrents); plus grande longévité (7 ans contre 5); meilleure résistance à l'humidité et à l'absence d'oxygène; meilleure résistance antibactérienne; très faible consommation énergétique (7 mW contre une moyenne de 200 pour ses concurrents).
Alphasense investira pour sa part 1,5 million de livres sterling dans la commercialisation des produits, sans participer directement au projet.