Du 1er au 31 octobre dernier, à bord du navire océanographique Gwen Drez, à partir de Boulogne-sur-Mer, s'est déroulée la campagne baptisée "Channel Ground Fish Survey" (CGFS). Celle-ci constitue une des sources les plus importantes de données du projet CHARM (CHannel integrated Approach for marine Ressource Management), dont les phases 1 et 2 sont terminées. Coordonné par l'Ifremer, le projet européen CHARM 3, co-financé pour 3 ans (2009-2012), à hauteur de 11,6 millions d'euros, rassemble 17 partenaires français et britanniques. Suite logique des phases 1 (2003-2005, 1,1 million d'euros, 5 partenaires) et 2 (2006-2008, 2,1 millions d'euros, 6 partenaires), CHARM 3 a pour objectif d'améliorer les connaissances de la zone maritime Manche par une démarche écosystémique, afin de préserver ce fragile écosystème et aider à la mise en place d'une gestion durable des ressources, partagées par l'ensemble des pays riverains.
La Manche et le sud de la mer du Nord sont des mers fortement anthropisées, qui plus est depuis longtemps. Les différentes activités qui y sont menées présentent des enjeux économiques considérables et sont soumises à une multiplicité d'utilisateurs ayant des intérêts fréquemment antagonistes. Qu'elles soient halieutiques, conchylicoles ou minérales, les ressources naturelles de ces zones suscitent donc bien des convoitises, tant au niveau national qu'européen. Aussi est-il essentiel d'analyser les réponses de l'écosystème et de ses ressources aux différents types de contraintes, dont le changement climatique, pour mettre en place une gestion durable de cet écosystème, partagée par l'ensemble des usagers.
Précisons que CHARM 3 constituera un projet phare du "Défi Manche", initié par l'Ifremer sur cette région maritime, en soutien de recherche à l'Arc Manche, qui est un réseau souple de Régions françaises et de collectivités locales britanniques bordant la Manche. La vocation du "Défi Manche" est d'élargir le champ des investigations à l'échelle du bassin de la Manche et d'appréhender de manière plus globale les caractéristiques et le fonctionnement des habitats et des ressources vivantes qu'il héberge. Son objectif est de mettre en place une approche écosystémique de la gestion des ressources maritimes au sens large (vivantes, minérales, énergétiques), et de mieux adapter la pression des nombreux usages aux capacités de production des différents milieux.