En 2009, le nombre de plaintes de la part des citoyens chinois concernant la qualité de l'eau potable a augmenté, révélant la qualité douteuse du système de distribution d'eau de la ville. Sans toutefois avancer le nombre de plaintes par rapport aux années précédentes, Wei Xiangdong, chargé de la qualité de l'eau à l'Institut d'Inspection Sanitaire de Pékin, assure qu'il y a une tendance à la hausse. Les statistiques de l'Institut montrent qu'il y a eu environ 360 plaintes en 2009, dont 110 sont directement liées à l'approvisionnement secondaire de l'eau. Wei " ne pense pas que c'est parce que la qualité de l'eau se détériore. C'est juste parce que le public se préoccupe davantage de sa santé ".
L'approvisionnement en eaux secondaires est relatif aux fournisseurs d'eau tels que les communautés de service et de grands immeubles, après avoir reçu l'eau d'une source primaire telle que les compagnies de distribution. Les résidents qui vivent aux derniers étages des immeubles ont tendance à utiliser l'eau d'alimentation secondaire. En raison d'un manque de pression, l'eau est stockée dans des réservoirs sur le toit avant d'être envoyée dans le bâtiment. Mais les citernes exigent un nettoyage et un entretien annuel afin d'assurer l'hygiène, qui ne sont malheureusement pas faits de manière régulière. "Environ 30 à 40% des résidents utilisent des approvisionnements secondaires en eau dans le centre de Pékin, mais nos équipes de supervision et de gestion sont trop petites pour faire face à tout cela" justifie Wei.
Pour pouvoir mettre en conformité les systèmes de canalisations obsolètes, il est nécessaire d'obtenir l'approbation d'au moins deux tiers des habitants. Mais certaines personnes refusent parce qu'"ils ne veulent pas payer pour résoudre les problèmes relatifs à la qualité de l'eau" ajoute Wei. En Chine, la plupart des personnes font bouillir l'eau avant de la consommer. Mais, comme le fait remarquer Colin Friedman, Directeur Général de China Expert International, cela résout en effet les problèmes biologiques de l'eau mais non les problèmes physiques comme la rouille.
Améliorer la qualité de l'eau demeure ainsi une priorité en Chine. Un rapport rendu public à la fin de l'année 2009 avançait que 30% des principales eaux du pays ne satisfont pas aux critères nationaux. La Chine investit ainsi massivement dans le nettoyage des principaux cours d'eau, dans la construction d'installations de traitement des eaux usées dans des villes, districts ou villages... Dans ce contexte, les pollutions ont un rôle sanitaire tristement majeur en alourdissant le chiffre des 200 millions d'habitants habituellement privés d'eau potable, comme cela a été le cas avec la pollution du Fleuve Jaune fin décembre 2009. Le deuxième plus long fleuve de Chine a en effet été contaminé par près de 150.000 litres de gazole suite à la rupture d'un oléoduc appartenant à la China National Petroleum Corporation, rendant l'eau impropre à la consommation. Cet évènement a permis de mettre en pratique la gestion des risques sanitaires du pays, un responsable local assurant que "la pollution [de niveau 5, la plus grave sur l'échelle chinoise d'évaluation de la pollution] est sous contrôle et la qualité de l'eau est toujours en deçà des normes nationales."