La Chancelière allemande, Angela Merkel, le Ministre fédéral de l'environnement, Norbert Röttgen, et le Directeur général du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), Achim Steiner, ont célébré le 11 janvier 2010 au Muséum d'histoire naturelle de Berlin l'inauguration de l'Année internationale de la biodiversité.
Chaque jour, environ 150 espèces des 15 millions estimées par les chercheurs disparaissent. 16.000 sont aujourd'hui menacées d'extinction d'après l'ONG pour la conservation de la nature IUCN et près d'un quart de toutes les espèces vivantes, animales et végétales, pourrait disparaître d'ici le milieu du XXIe siècle. Plus grave encore, l'activité humaine est la cause principale de cette disparition progressive et soutenue. La diversité biologique a diminué, selon une étude de l'organisation WWF, de 27% entre 1970 et 2005.
Pour enrayer l'appauvrissement biologique de la planète, un traité a été adopté lors du Sommet de la Terre à Rio de Janeiro en 1992 : la Convention sur la diversité biologique (CBD). Les objectifs en matière de protection de la biodiversité pour 2010 fixés par cette même CBD en 2002 ne pourront être atteints, comme l'a déploré Angela Merkel lors du coup d'envoi de l'année internationale de la biodiversité. L'année 2010 a été proclamée "Année internationale de la biodiversité" par l'Assemblée générale des Nations Unies. L'Allemagne assure jusqu'à la fin de l'année 2010 la présidence de la CBD.
Pour la Chancelière allemande : "Un changement radical est nécessaire, ici, maintenant, pas dans le futur". En effet, les espèces vivantes disparaissent actuellement à un rythme entre 100 et 1.000 fois supérieur à celui dit "naturel", et ce, du fait de l'activité humaine sur la planète. La biodiversité est à l'origine de notre nourriture et de nos ressources en eau propre, elle est garante, en outre, de notre santé (de nombreuses substances naturelles présentant des propriétés thérapeutiques intéressantes), comme l'a dit le Ministre fédéral de l'environnement, Norbert Röttgen. En affectant notamment le secteur agro-alimentaire, une diminution sévère de la biodiversité peut également mettre en péril les fondements de notre économie, a-t-il de plus mis en garde.
Mme Merkel a exhorté la Communauté internationale à investir davantage pour préserver les espèces animales et végétales menacées d'extinction. La chancelière allemande a suggéré la création d'une nouvelle organisation internationale sur la biodiversité qui, à l'instar du Groupe intergouvernemental d'experts sur le climat (GIEC) devra faire le lien entre le monde politique et scientifique dans le domaine de la biodiversité. Cette proposition a d'ailleurs été approuvée par Achim Steiner, directeur général du PNUE, également présent lors de cette cérémonie.
Comme l'ont rappelé Mme Merkel et Ahmed Djoghlaf, secrétaire exécutif de la CBD, les objectifs fixés en 2002 pour 2010 ne seront pas tenus. Néanmoins, M. Djoghlaf a jugé primordial d'établir de nouveaux objectifs pour le futur, de tirer les leçons du manque de progrès entre 2002 et 2010, enfin de ne pas rester immobile face à cet échec. Il faut, selon M. Djoghlaf, institutionnaliser la surveillance et l'évaluation de ces objectifs dans des programmes nationaux.
Les espoirs se tournent maintenant vers la 10e conférence de la CBD qui aura lieu en octobre 2010 à Nagoya au Japon.
- Communiqué de presse du Ministère fédéral de l'environnement - 11/01/2010 - "Merkel und der Magenbrüter", die Berliner Zeitung - 12/01/2010 - "Artensterben ist beängstigend", die Süddeutsche Zeitung - 12/01/2010 - "Merkel appelle à multiplier les efforts pour la biodiversité", dépêche Reuters - 11/01/2010 - "Angela Merkel donne le coup d'envoi à l'année de la biodiversité", dépêche AFP - 11/01/2010