Le ministre des sciences de Rhénanie du Nord-Westphalie, Andreas Pinkwart, s'est félicité du prochain retour de trois jeunes chercheurs allemands actuellement en poste à l'étranger. Ce retour s'effectue dans le cadre d'une initiative lancée par le Land il y a 3 ans afin de favoriser le retour des chercheurs en Allemagne. Les trois scientifiques allemands travaillent tous dans le domaine de la motorisation.
Michael Prechtl poursuit ses recherches de catalyse chimique à l'université fédérale du Rio Grande do Sul à Porto Alegre, au sein de l'équipe de Jairton Dupont. Ce dernier est considéré comme un des chercheurs phares dans le domaine de la catalyse et de la synthèse de nanomatériaux dans les liquides ioniques. Son sujet d'étude porte sur l'utilisation de nouvelles sources d'énergies hydrogène en vue de remplacer le pétrole. Il compte mener des recherches sur de nouveaux systèmes de stockage de l'hydrogène qui pourraient ainsi remplacer les batteries métalliques. Mais il veut aller plus loin et développer de nouveaux catalyseurs pour l'obtention d'hydrogène pur. Ces catalyseurs de déshydrogénation pourraient aussi être utilisés pour obtenir du méthanol à partir de méthane. Ainsi, il serait possible d'obtenir à partir de gaz à effet de serre du carburant. Le chercheur n'a pas encore décidé au sein de quelle université il mènera ses futurs travaux, il a néanmoins prévu de les démarrer dès le semestre d'hiver 2010.
Sebastian Kaiser, 35 ans, est actuellement en poste au sein du laboratoire américain Sandia National Laboratories. Il étudie comment diminuer les émissions de gaz polluants lors de la combustion. Cet ingénieur allemand a développé au sein de l'institut californien et en partenariat avec le groupe Ford une méthode de mesure de la combustion basée sur l'utilisation d'instrumentation Laser. A l'aide de moteurs transparents il est possible de suivre les procédés physiques et chimiques au niveau du cylindre lors de la combustion. Il est actuellement en pourparler avec le laboratoire de combustion et de dynamique des gaz de l'Université de Duisbourg-Essen.
La troisième scientifique est la chimiste Tina Kasper, 33 ans, actuellement en poste au sein du Sandia National Laboratories en Californie. Elle poursuit des recherches en vue d'améliorer l'efficacité des moteurs à combustion.
Chacun de ces chercheurs se voit attribuer un budget de 1,25 million d'euros sur 5 ans pour monter et mener son projet de recherche. Chaque proposition de projet est examinée par un jury international d'experts. Le Land de Rhénanie du Nord-Westphalie a mis en place cette mesure en 2007, et c'est actuellement la seule région en Allemagne à mener une telle initiative. A chaque année correspond une thématique particulière. Ainsi, l'année 2007 était dédiée au retour de chercheurs en sciences de la vie en provenance du Canada et des Etats-Unis vers les universités de Bochum, Bonn et Münster. En 2008, quatre chercheurs en nanotechnologies sont revenus de Suisse et des Etats-Unis.
D'après la Fondation Robert Bosch, environ 18.000 chercheurs allemands sont actuellement en poste aux Etats-Unis. Actuellement plusieurs organismes cherchent à faire revenir ces experts allemands expatriés. Gain (German Academic International Network) est une initiative de l'Office allemande des échanges universitaires (DAAD), de l'Agence allemande des moyens pour la recherche (DFG) et de la Fondation Alexander von Humboldt. Elle contribue à favoriser le retour des Allemands en poste en Amérique du Nord par le biais de bourses et de soutiens financiers. D'ici à 2011, la German Scholars Organization (GSO) et la Fondation Krupp vont soutenir les établissements universitaires allemands tentant d'attirer des scientifiques en poste à l'étranger.
Mais une fois la manne financière tarie, que font ces jeunes chercheurs ? A cette question Michael Prechtl répond simplement qu'ils ont compris que dans un environnement mondial globalisé il faut savoir rester flexible. Il ne s'interdit ainsi pas de retourner parcourir le monde. Il souligne toutefois l'amélioration globale de la recherche universitaire allemande et estime que le pays devient de plus en plus attractif.