La sonde japonaise vénusienne PLANET-C sera accompagnée lors de son lancement en mai 2010 sur une fusée H-IIA par un prototype de voile solaire dénommé Ikaros (Interplanetary Kite-craft Accelerated by Radiation of the Sun). Ce projet est, comme PLANET-C, développé par la section scientifique (ISAS) de l'agence spatiale japonaise (JAXA).
L'ISAS n'en est pas à son premier essai dans le domaine. L'institut scientifique de la JAXA avait en effet développé en 2004 une voile solaire en matériau polyimide qu'il avait pu déployer avec succès sur une orbite basse. Le projet Ikaros a ensuite été accepté en 2007. Selon les experts de l'ISAS, les voiles solaires, utilisant la pression de radiation solaire pour fournir une accélération, représentent une technologie intéressante pour l'exploration du système solaire. Elles permettraient d'atteindre des objectifs éloignés de la Terre avec des missions plus légères et développées à moindre coût. En sus, elles permettraient aussi de s'affranchir de technologies telles que les RTGs (générateurs thermoélectriques à radio-isotopes) qui sont peu en vogue au Japon du fait de leur caractère radioactif.
La mission d'Ikaros qui est prévue pour durer 6 mois emporte une voile de forme carrée et de 14,1m de côté. Elle est faite d'un matériau polyimide comme pour la mission précédente et présente une extrême finesse (7,5micro-m d'épaisseur, et une masse totale de 15 kg) . Des cellules solaires, ainsi que des détecteurs de poussière spatiale, sont intégrés dans la membrane. La partie centrale de la sonde, qui héberge tous les systèmes électriques, a un diamètre de 1,6m pour une épaisseur de 1m. La masse totale du démonstrateur est de 315kg. Le démonstrateur Ikaros sera placé, comme PLANET-C, sur une trajectoire de transfert vers Vénus.
Les difficultés à surmonter de cette nouvelle technologie concernent essentiellement l'opération de dépliage de la voile. L'Agence Spatiale Japonaise pense pouvoir y faire face en s'inspirant de l'art du pliage japonais, l'origami. Ikaros permettra aussi de mieux appréhender certains obstacles technologiques comme la résistance mécanique de la voile ou l'efficacité des cellules solaires. Durant les 6 mois de sa mission, Ikaros sera utilisé pour vérifier les capacités d'accélération du système et définir les techniques de déplacement et de navigation des futures voiles. Pour faire pivoter la voile Ikaros, la JAXA utilisera un revêtement spécial disposé sur certaines parties de la voile, dont les propriétés de transparence sont modifiables lorsqu'on y fait circuler un courant. Elle sera ainsi capable de produire le couple souhaité autour du centre de gravité du démonstrateur.
A l'avenir, la JAXA prévoit une mission utilisant une voile solaire pour observer Jupiter et ses astéroïdes troyens (un groupe d'astéroïdes situés sur la même orbite que Jupiter, aux points de Lagrange du système Soleil-Jupiter). Cette mission, qui pourrait être lancée à la fin de la décennie 2010, comprendrait une sonde cette fois dotée d'un système de propulsion (Ikaros n'en possède pas). Il s'agirait de la combinaison d'un moteur ionique (alimenté par des cellules solaires placées sur la voile) et de propulseurs chimiques conventionnels, en plus de la propulsion fournie par la voile elle-même.
La JAXA est en contact avec l'association The Planet Society aux Etats Unis qui travaille sur un projet similaire. Cette dernière avait essuyé un échec en 2005 avec sa voile COSMOS-1 (rayon de 15 m).