Des chercheurs irlandais viennent de mettre en évidence le risque accru pour la survie des populations de saumons sauvages dû aux effets conjugués du réchauffement climatique et des fermes de saumons d'élevage. Les études ont été réalisées dans le cadre du programme Beaufort de suivi génétique des populations de poissons par des chercheurs de l'université de Cork, de l'institut de technologie de Dundalk, de Trinity College Dublin et de l'institut irlandais de recherche marine, avec la participation d'une équipe suédoise.
Les chercheurs ont utilisé un modèle de régression basé sur 37 années de données sur les populations de saumons du bassin de Burrishoole dans le comté de Mayo (Ouest de l'Irlande). Ils ont constaté que le taux de survie de saumons sauvages était plus faible, les années où les températures hivernales de l'eau étaient les plus élevées. Des fermes de saumons d'élevage sont également installées dans cette zone. Il arrive de temps à autres que des saumons d'élevage s'échappent et rejoignent le milieu naturel où ils peuvent frayer avec leurs congénères sauvages. Les années où de grandes quantités de saumons d'élevage se sont échappées, le taux de survie des poissons a été réduit. Les poissons d'élevage dans le milieu naturel perturbent la capacité des populations sauvages à s'adapter aux variations de la température de l'eau. Les deux effets, température hivernale élevée et évasion de saumons d'élevage, se conjuguent et menacent la survie des saumons sauvages.
Un modèle développé par les scientifiques, incorporant les futures températures hivernales, montre que, pour la période 2069-2100, le taux de survie des saumons sauvages sera relativement bon. En revanche, l'introduction de poisson d'élevage dans le milieu naturel conduirait à un taux de survie très bas, voire à l'extinction de la population sauvage au bout de 20 générations.
Les scientifiques recommandent de réduire la pression génétique sur les populations sauvages causée par la libération dans le milieu naturel de poissons mal adaptés et de concentrer les efforts sur la protection des habitats critiques qui permettront aux populations de s'adapter aux changements climatiques. Les résultats peuvent se généraliser aux autres espèces poïkilothermes (à sang froid).