L'Institut de recherche des appareils spatiaux (IRAS) de Moscou a élaboré un programme de nanosatellites [1] et en a déjà testé un certain nombre. L'exposition "Microtechnologies dans l'aéronautique et la cosmonautique", qui s'est tenue à la fin septembre à Moscou, a permis de passer en revue les réalisations et les recherches menées en Russie dans ce domaine.
Le premier nanosatellite russe, le TNS-0, a été mis en orbite en 2005 par le cosmonaute Selizhan Charipov, qui l'avait tout simplement lancé à la main depuis l'espace, lors d'une mission à bord de la Station spatiale internationale. Ce nanosatellite, de 5 kilos, avait été construit par l'IRAS. Les spécialistes de cet institut considèrent qu'une niche commerciale existe en Russie pour les appareils de ce type, qui sont parfaitement capables de concurrencer des satellites de plus grandes dimensions. Les possibilités des nanosatellites actuels dépassent de plusieurs fois celles de leurs premiers prédécesseurs, et des perspectives commerciales s'ouvrent à eux.
Aujourd'hui, les TNS-2 - les TNS de deuxième génération - sont prêts. Ces nanosatellites fonctionneront grâce à des batteries solaires, ce qui accroîtra considérablement leur durée de vie, et c'est précisément cette caractéristique qui les rend commercialement intéressants. Chaque nanosatellite est dédié à une tâche bien précise. Un premier testera la gestion d'un appareil via le réseau de télécommunications ; un deuxième testera la charge utile pour le segment spatial du système international AIS (développé conjointement avec l'Agence spatiale européenne) ; un troisième étudiera l'ionosphère, en coopération avec l'Institut de physique nucléaire de l'Université de Moscou et l'Institut du magnétisme terrestre et de l'ionosphère (IZMIRAN) de l'Académie des sciences russe ; un quatrième expérimentera des micromoteurs destinés à conférer davantage de manoeuvrabilité aux nanosatellites.
Les possibilités des nanosatellites ont été débattues lors de cette exposition dédiée aux microtechnologies. Selon A. A. Romanov, directeur général adjoint en charge du travail scientifique à l'Institut de recherche de construction d'appareils spatiaux, la technologie des nanosatellites effectue une percée qui modifie notre conception des appareils spatiaux et, d'une manière générale, du secteur économique de l'activité spatiale. Pour la première fois, un appareil "simple", peu coûteux et accessible au plus grand nombre, a fait son apparition dans l'espace.
De plus, selon la loi de Moore appliquée à cette classe d'appareils spatiaux, on peut pronostiquer une nouvelle réduction de leur coût et de leur délai d'introduction."Les petits satellites deviennent la principale orientation du développement de la composante spatiale de l'observation de la Terre et le deviendront aussi, demain, pour la télédétection, estime A. A. Romanov. "Nous avons présenté un programme de nanosatellites technologiques à l'Agence spatiale fédérale, et nous espérons qu'elle le soutiendra. Nos rapports sur les TNS sont très bien reçus lors des conférences réunissant des professionnels, ce qui nous autorise à envisager l'avenir avec optimisme, a-t-il dit."
Selon V. M. Vichniakov, un collaborateur scientifique de rang élevé de ce même Institut, le coût approximatif de la création commerciale et du tir d'un nanosatellite pourrait avoisiner les 200.000 euros.
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[1] : On qualifie généralement de nanosatellites les satellites d'une masse inférieure à 5, voire 10 kilos. A côté des nanosatellites existent également les microsatellites, plus gros, qui font quelques dizaines de kilos.
Alexandre Zubakhin, Secrétaire du service de presse à l'Institut de recherches russe de Fabrication d'Instruments Spatiaux, Moscou - Tél : +7 495 673 46 46, Port : 008 916 444 15 99