La mise en service physique du réacteur PIK [1], au sein de l'Institut de physique nucléaire Konstantinov de Saint-Pétersbourg (PIAF), est prévue d'ici la fin de l'année. Le lancement énergétique du réacteur est prévu en 2011. Puis, le réglage scientifique des paramètres du PIK prendra encore un an. Le réacteur de recherche à faisceau de flux neutronique intense PIK a une puissance de 100 MW. Il est destiné à procéder à de la recherche fondamentale dans différents domaines et à résoudre un large éventail de problèmes liés à des applications concrètes.
Le rayonnement neutronique, précise-t-on au PIAF, est un instrument universel pour réaliser des recherches dans de nombreux secteurs - physique, chimie, biologie, géologie, connaissance des matériaux, médecine, technologie de fabrication des semi-conducteurs, industrie. Il permet d'étudier les propriétés fondamentales du neutron lui-même et de son interaction avec les noyaux des atomes et la matière. Mais il peut être tout aussi bien utilisé pour la thérapie neutronique ou bien encore comme méthode de contrôle technologique.
La construction du réacteur avait été entreprise sur décision du gouvernement soviétique, dans les années 70 du siècle dernier. Mais dans les années 90, le financement du projet avait été arrêté. La situation ne s'est modifiée qu'en 1999, après que les responsables de l'Académie des sciences russe, de l'ex-ministère russe de l'Energie nucléaire (Minatom) et du ministère russe de la Science eurent signé une "Décision commune d'achever la construction du réacteur de recherche à faisceau de flux élevé PIK et d'organiser sur son site un Centre international d'étude des neutrons".
Bien que la conception du PIK remonte aux années 60 du siècle dernier, soulignent les experts du PIAF, elle s'inscrit toujours dans les tendances modernes de la construction des réacteurs. Mieux encore. Le schéma de base - notamment la zone active refroidie à l'eau "légère" et le réflecteur d'eau lourde - utilisé pour la première fois dans le projet de réacteur PIK (ce qui avait fait l'objet d'un brevet déposé en 1976) est reconnu aujourd'hui encore comme étant le plus efficace et le plus achevé au plan technologique. Tous les grands projets développés de nos jours (Orphée, par la France, FRM II, par l'Allemagne, ARR, par l'Australie, ANS, par les Etats-Unis) s'en inspirent de très près.
Les possibilités expérimentales du réacteur PIK sont déterminées non seulement par l'intensité élevée du flux neutronique, qui sera environ d'un ordre de grandeur supérieur à celle des réacteurs de puissance moyenne existant actuellement, mais aussi par la présence de sources de neutrons chauds, froids et ultra-froids.
Les recherches qui seront menées sur le PIK seront effectuées selon un programme russe, mais il sera possible d'y associer des chercheurs étrangers. L'élaboration et le développement du programme se feront sous l'égide du Conseil de coordination interministériel russe, dont font partie d'éminents scientifiques de diverses administrations, représentant un large spectre des orientations de la science.
Quelques 9 milliards de roubles seront investis, au total, dans le financement du PIK.
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[1] : PIK est l'abréviation russe de Complexe de recherche par faisceau.