Selon la déclaration de scientifiques chinois de l'académie des sciences chinoise en agriculture tropicale (CATAS), une première version du génome de 3 variétés de manioc devrait être publié dès le mois de mars prochain. Le choix des 3 variétés étudiées a principalement été fait en fonction d'une utilisation énergétique du manioc, et comprend une variété à haute teneur en glucide (Ku50), une variété ancienne sauvage (W14), et une variété de manioc "douce" (CaS36).
Le séquençage du génome du Manioc permettra aux scientifiques de mieux comprendre les caractéristiques structurelles de son génome, son fonctionnement et son expression génique. Et également dans ses réactions de stockage de l'amidon (la biomasse), ses modes de résistance à la sécheresse, ce qui permettrait à terme des avancées importantes sur l'augmentation de la production énergétique.
Depuis 2006, une équipe du CATAS, soutenue par des fonds gouvernementaux, a spécialement travaillé sur le séquençage du génome du manioc. Ceci en raison des forts intérêts que suscite cette production de bio éthanol. Pour mémoire, concernant la production de bio éthanol, la Chine se place en troisième position, derrière le Brésil et les Etats unis. De plus, la production d'éthanol à partir du manioc a pris une place prépondérante sur le marché chinois, depuis que le gouvernement a interdit la production de bio éthanol à partir de plantes céréalières, en raison des craintes de l'impact sur l'approvisionnement alimentaire.
Le manioc sert aussi de base à l'alimentation, il fournit de la nourriture à 600 millions de personnes dans le monde. Il est l'une des cultures les plus importantes dans les régions tropicales de la Chine, représentant près de 500.000ha de plantations, pour 10 millions de tonnes de production par an, d'une valeur de 14 milliards de yuans. Les prévisions annoncent une augmentation de la production allant jusqu'à 1.5 millions d'hectares et 50 milliards de yuans par an.