=> Des "adressages de protéines" pour un futur vaccin
Un projet de l'Institut de Recherche sur le Sida IrsiCaixa a permis de démontrer que les cellules infectées par le VIH génèrent des protéines du virus et en créent également d'autres défectueuses qui enclenchent une réponse immunitaire. Cette découverte permet donc d'identifier des cellules cibles et de nouveaux "adressages de protéines" pour le développement d'un vaccin contre le VIH.
Cette étude, publiée dans le "Journal of Experimental Medecine" démontre également qu'en laboratoire, la réponse immunitaire créée est capable de bloquer le cycle de l'infection par le virus. Le professeur de l'Icrea et chercheur de l'IrsiCaixa, Christian Brander, a coordonné un groupe de chercheurs de l'IrsiCaixa avec des membres de l'Université de Harvard, à Boston, de la Microsoft Research et la British Columbia au Canada, ayant pour objectif de trouver de nouveaux "adressages de protéines", mécanismes à travers lesquels une protéine peut être dirigée vers la bonne direction.
Ces travaux se basent sur l'information génétique de plus de 600 personnes et sur plus de 500 variantes du virus. Jusqu'à ce jour, les études s'étaient centrées sur la réponse immunitaire contre le VIH afin de savoir comment le système immunitaire interagit avec les protéines du virus, mais pas sur celles qui sont générées par erreur dans la traduction des gènes du virus. Cette nouvelle recherche révèle que la prévention du virus chez certaines personnes ou sur des populations déterminées pourra se faire en prenant en compte ces protéines générées par erreur. Des études antérieures démontrent que la génétique prédominante dans les différentes zones du monde est liée à la diversité du VIH, et qu'il faut donc tenir compte des différences de profil génétique afin d'adapter le vaccin.
Selon les protagonistes de cette recherche, il faut prendre en compte l'existence de la réponse immunitaire contre les protéines générées par erreur, et peut être même inclure quelques unes de ces dernières dans le développement de possibles vaccins contre le VIH.
=> L'efficacité d'un gel vaginal contre le Sida en question
Une recherche internationale à laquelle ont participé 16 centres de recherche africains et européens dont le Centre de Recherche en Santé Internationale de Barcelona (Cresib, de son sigle catalan) de l'Hospital Clinic, démontre l'inéfficacité du gel anti microbien vaginal PRO 2000. Cette étude de 4 années - eptembre 2005 à 2009- appartient au Programme de Développement d'antimicrobiens (MDP) financé par le Département pour le Développement International (DFID) et le Conseil de Recherche Médicale du Royaume-Uni (MRC) un consortium sans but lucratif dont les 16 centres dont le Cresib font partie. Ce test a été réalisé avec 9.385 femmes africaines volontaires, et il démontre le peu d'efficacité de ce gel pour prévenir la transmission du virus.
Durant cette phase d'étude, ce gel a été comparé à un produit placebo -sans effet pharmacologique- et les résultats montre que la différence dans le risque d'infection par le VIH n'a pas été significative chez les 3.156 femmes qui ont utilisé PRO 2000 et les 3.112 qui ont utilisé le placebo (130 ont contracté le virus face à 123 respectivement) alors que le gel actif était annoncé comme un produit efficace. De plus, la complexité de ce genre de test réside dans la façon plus ou moins précise qu'ont les patients volontaires à répondre aux questionnaires fournis ; ainsi que dans les données receuillies qui s'avèrent variables voire peu fiables. Pour cela, des méthodes mixtes de recueil d'informations ont été mises en place afin de disposer de manière plus précise et détaillée des données nécessaires.
En ce qui concerne ce test, il est d'autant plus difficile d'en tirer des conclusions puisque qu'une autre étude à moindre échelle réalisée par les Instituts Nationaux de Santé des Etats- Unis (National Institutes of Health- NIH) avait démontré l'efficacité de ce gel dans la réduction du risque de contamination du VIH de 30%, ce qui souligne la nécessité de pratiquer des essais cliniques à plus grande échelle pour valider ou invalider ce résultat.
Enfin, les chercheurs sont d'avis de souligner l'importance de la recherche de voies alternatives dans la prévention du Sida afin que d'autres traitements soient trouvés.