La vie sur Terre est apparue autour de -3,5 milliards d'années (vers 16h GMT). L'on entend par vie, un système chimique capable de s'auto-entretenir et d'évoluer darwiniennement au gré de sa reproduction.
Aujourd'hui, la capacité de reproduction des cellules est assurée par les gènes. Mais au départ? A-t-il fallu attendre l'apparition d'ARN pour que le cycle vital s'enclenche ou au contraire, les capacités de reproduction étaient-elles possibles sans gène, par le simple jeu du métabolisme? Les avis sont ainsi partagés entre les versions "Génome d'abord" et "Métabolisme d'abord" même si la première domine.
Le second scénario n'est pas sans poser problème : peut-on réellement imaginer un réseau de réactions chimiques capables de croître en complexité pour pouvoir permettre un processus de sélection darwinien ? Parmi les propositions les plus abouties misant sur cette approche, figurent les travaux théoriques de Doron Lancet et de son équipe qui ont proposé dans les années 2000 un modèle baptisé GARD (Graded Autocatalysis Replication Domain).
Une équipe germano-hungaro-espagnole impliquant Mauro Santos du groupe de biologie évolutive de l'Université Autonome de Barcelone, vient de publier un article dans PNAS [1] dans lequel les trois chercheurs montrent par des simulations numériques que les agrégats macro-moléculaires que prévoit le modèle GARD finissent bien par se partager lorsqu'ils atteignent une taille critique mais sans évolution possible. Ce travail apporte ainsi un argument de plus à la défense de "Génome d'abord".
[1] Vasas, V., E. Szathmáry et M. Santos. "Lack of evolvability in self-sustaining autocatalytic networks constraints metabolism-first scenarios for the origin of life". Proceedings of the National Academy of Sciences of the USA (PNAS). 4 janvier 2010. doi : 10.1073/pnas.0912628107