Il y a pratiquement six ans maintenant, Ariane 5 envoyait dans l'espace la sonde Rosetta. L'Agence Spatiale Européenne se donnait ainsi les moyens de réaliser une première: aller observer au plus près une comète, la comète Churyumov-Gerasimenko en l'occurrence, en y orbitant autour et en y déposant même un module. La rencontre n'a pas encore eu lieu: il faudra encore attendre quatre ans mais pour le moment tout se passe bien et depuis l'ESAC, le centre de suivi de l'agence situé à Madrid, les responsables du projet ont pu profiter du passage de Rosetta près d'un astéroïde, pour mettre à contribution son instrument principal, le système d'observation OSIRIS.
Avec ses deux caméras haute résolution, OSIRIS, développé pour partie par l'Instituto de Astrofisica de Andalucia du CSIC, a permis en effet d'obtenir les premières images de l'astéroïde 2867 Steins et d'étudier de près la surface de cet objet céleste de 5 kilomètres de diamètre qui révèle une forme de diamant sculptée au fil du temps par la radiation solaire. Ces travaux d'observation, premiers objectifs scientifiques de Rosetta, viennent d'être publiés dans la revue Science [1]. Ils sont le fruit d'une large collaboration impliquant pas moins de 12 pays, 21 centres, 47 auteurs dont 7 chercheurs issus de laboratoires espagnols : l'IAA-CSIC déjà mentionné et l'Instituto Nacional de Técnica Aeroespacial. Le voyage continue : à suivre...