Des chercheurs de l'institut Kavli (centre pour la biologie de la mémoire), localisé à Trondheim, se sont intéressés à l'étude de ces ondes gamma au niveau de l'hippocampe. L'hippocampe est une région du cerveau notamment responsable de certains types de mémoires et de la localisation spatiale. Les ondes gamma sont les oscillations cérébrales de fréquence entre 25 et 100 Hz. Ces ondes auraient notamment pour rôle de relier des populations cellulaires de différentes zones du cerveau impliquées dans un même processus, comme par exemple pour la mémoire. Pour être reliées, les neurones de ces zones doivent s'activer exactement en même temps.
Dans un article publié en Novembre 2009 dans la revue Nature [1], ils expliquent avoir découvert qu'il existe en réalité différents types d'ondes gamma : des ondes lentes (basse fréquence) et des ondes rapides (haute fréquence). On peut assimiler cela à un système de radios dans le cerveau. Une cellule peut ainsi en quelque sorte choisir d'écouter tel ou tel type d'informations en étant réceptrice à telle ou telle fréquence. Comme l'explique Laura Colgin (premier auteur de l'article), "[ils ont] découvert ce qui peut être décrit comme un système de radios dans le cerveau. Les basses fréquences transportent la mémoire des expériences passées, les plus hautes véhiculent ce qui se passe sur le moment".
Les neurones ne sont réceptifs qu'à une seule fréquence d'oscillation à un temps donné. Mais cette fréquence perçue peut changer, comme on change de station de radio, plusieurs fois par seconde, permettant à la cellule de faire la différence entre ce qui relève de la mémoire et de la situation présente.
Il serait possible qu'une perturbation de ce type soit une des causes de la schizophrénie, maladie où on peut par exemple noter une confusion entre des évènements actuels ou relevant de souvenirs. Il est d'ailleurs connu que les ondes gamma sont perturbées chez les patients atteints de cette maladie.