La JAXA a débuté la phase de développement de son nouveau lanceur à ergols solides destiné à la mise sur orbite des futures missions scientifiques japonaises. Le lanceur à propulsion solide "ASRL" (Advanced Solid Rocket Launcher) reçoit pour la première fois un budget réel en 2010, avec 2 milliards de yens (15 MEUR). Le ASRL sera le successeur de la fusée M-V dont l'utilisation a été suspendue en 2006. La technologie de propulsion solide a été développée localement au Japon à partir des années 1960, alors que la propulsion liquide a été importée des Etats-Unis bien plus tard. Entre 1997 et 2006, le M-V a été tiré à sept occasions et n'a rencontré qu'un seul échec. Le lanceur M-V souffrait d'un coût de lancement trop élevé, résultant probablement du fait que les scientifiques responsables de son développement privilégiaient une innovation permanente plutôt que la survie économique du lanceur. Cette tendance sera rompue avec le ASRL, car pour la JAXA il s'agit cette fois de disposer d'un lanceur simple et peu onéreux.
Le maître d'oeuvre désigné pour la fabrication du ASRL est l'industriel japonais IHI Aerospace, qui intégrera sur ce nouveau lanceur de nombreuses technologies déjà disponibles au Japon. Le premier étage du ASRL utilisera par exemple le booster SRB-A de la fusée japonaise H-IIA. Le second étage sera basé sur le troisième étage du M-V (moteur inclus). Au total, le ASRL possèdera trois étage, avec la possibilité de rajouter un " Post Boost Stage " (PBS) en guise de quatrième étage selon les missions envisagées. Le ASRL mesurera 24 mètres pour une masse de 90 tonnes (contre 31 mètres et 140 tonnes pour le M-V). La capacité de mise en orbite du nouveau lanceur sera de 1,2 tonne en orbite basse et 500 kg en orbite héliosynchrone. La JAXA profitera aussi de l'arrivée de ce nouveau lanceur pour simplifier les infrastructures du site de lancement. Elle étudie en outre l'emploi d'un nouveau type de propergol solide à basse température de fusion (LTP) pour faciliter le processus d'assemblage. Une autre nouveauté technologique concerne l'emploi de communications sans fil sur le lanceur ("wireless pyrotechnic").
La première charge emportée par le ASRL devrait être en 2012 le télescope de la mission SPRINT-A, destinée à l'observation des planètes de notre système solaire. Le satellite doit être placé sur une orbite à 700 km et nécessitera l'usage du quatrième étage du lanceur. Pour la suite, cinq projets de lancements sont déjà à l'étude, incluant une mission d'observation du plasma et une mission d'astronomie en rayons X. Après le vol inaugural, l'agence spatiale espère pouvoir lancer un ASRL tous les ans.