Alors que le Ministère de l'Economie, du Commerce et de l'Industrie (METI) a inscrit dans son prochain budget 1,4 milliards de yens (environ 11,4 millions d'euros) pour la première année d'un projet de trois ans visant à développer des standards internationaux pour 26 catégories d'appareils impliqués dans les "réseaux intelligents" [1], l'Organisation pour le Développement des Energies Nouvelles et des Technologies Industrielles (NEDO) [2] a dévoilé les candidatures qu'elle a retenues pour son projet d'étude du "smart grid" aux Etat-Unis. Elle a sélectionné 18 propositions de 31 compagnies qui devraient participer aux recherches menées en collaboration avec le Département de l'Energie des Etats-Unis d'Amérique (DOE), de l'Etat du Nouveau-Mexique, du Los Alamos National Laboratory [3] et des Sandia National Laboratories [4]. Elle n'a donc rejeté qu'une seule des 19 propositions soumises à candidature en novembre 2009. Certaines d'entre elles vont cependant faire l'objet d'études de faisabilité jusqu'à mars 2010 avant d'être définitivement adoptées ou écartées en avril.
L'investissement de la NEDO s'élèvera à 3 milliards de yens (un peu moins de 24 millions d'euros), dont 1,8 milliards (un peu plus de 14 millions d'euros) en 2010. Les entreprises japonaises s'installeront sur deux des cinq sites retenus : Los Alamos et Albuquerque (les trois autres sites sont Taos, Roosevelt et Las Cruces). Le projet doit s'achever en 2013.
La participation de la NEDO s'articule autour de quatre points : 1. test d'un micro-réseau dans le district de Los Alamos, 2. test d'une maison intelligente ("smart house") dans le district de Los Alamos, 3. test d'un micro-réseau dans une zone commerciale d'Albuquerque, 4. mise en commun des résultats des chercheurs japonais et américains.
Le premier sous-projet va étudier la possibilité d'améliorer le ratio d'introduction d'unités photovoltaïques en changeant la configuration du réseau de distribution. Celui-ci sera entre autres constitué de lignes de 2 à 5 MW, de modules photovoltaïques d'une puissance totale de 2 MW (1 MW fourni par les Japonais, 1 MW fourni par les Américains) et de batteries (batteries sodium-soufre de NGK Insulators et batteries au plomb de Hitachi). Les fluctuations dans la production d'électricité d'origine photovoltaïque seront gérées par les EMS (Energy Management Systems) de Toshiba.
Le deuxième sous-projet consistera à comparer le comportement du réseau électrique d'une maison classique à celui d'une maison intelligente équipée notamment de panneaux solaires (Kyocera - 3 kW), d'une batterie (Kyocera - 20 kWh), et d'un HEMS (Home Energy Management System - Kyocera et Sharp) qui inclut un compteur intelligent et un système de facturation en temps réel.
Le troisième sous-projet analysera la fiabilité du réseau électrique autonome d'un immeuble dont la puissance totale consommée est de 600 kW. Le réseau intégrera entre autres des batteries (Sharp, Shimizu, Meidensha, Furukawa Battery et Furukawa Electric), un cogénérateur à gaz, des piles à combustible (Fujitsu, Mitsubishi Heavy Industry et Tokyo Gas), et 100 kW de modules photovoltaïques. Un BEMS (Building Energy Management System - Shimizu et Sharp) assurera la gestion du réseau.
Enfin, le quatrième projet est divisé en différents axes de recherche où tous les acteurs des cinq sites partagent leurs résultats. Les thèmes abordés seront : - les smart grids, - la multiplication des sites de production d'électricité, - l'autonomie et la sécurité de ces sources multiples, - la sécurité des serveurs et les techniques de transfert de l'information, - le développement de modèles de simulation.
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[1] Réseau intelligent ou "smart grid" : réseau électrique géré grâce aux technologies informatiques.
[2] NEDO : agence gouvernementale japonaise de financement de la recherche.
[3] Los Alamos National Laboratory : institution multidisciplinaire du DOE, gérée par l'Université de Californie.
[4] Sandia National Laboratories : laboratoires nationaux dépendant du DOE, situés à Albuquerque et Livermore (Californie).