Six groupes énergétiques européens ont fondé le 28 janvier 2010 une académie pour les cadres supérieurs du secteur nucléaire. L'Académie européenne de direction de l'énergie nucléaire (Enela) aura son siège à Munich et devrait préparer annuellement à partir de 2011 environ 50 étudiants pour des postes à responsabilité dans le secteur nucléaire.
La branche nucléaire doit augmenter ses efforts pour développer et améliorer les compétences de ses acteurs [1]. C'est dans ce cadre que l'Enela interviendra, avec pour objectif de défendre la position des entreprises européennes à la tête du secteur nucléaire. Selon Dominique Ristori, Directeur général à la Commission européenne, l'énergie nucléaire progresse à nouveau en Europe ; actuellement, 15 Etats européens exploitent des centrales nucléaires. A cet effet, il est nécessaire de former un plus grand nombre d'experts et de décideurs.
En Allemagne en particulier, même si la nouvelle coalition CDU/CSU-FDP n'a pas encore explicité les modalités du rallongement des activités des centrales nucléaires allemandes au-delà des 32 ans prévus par la Grande Coalition dans le cadre de la loi sur l'énergie nucléaire (Atomgesetz) [2], un personnel qualifié sera nécessaire, aussi bien pour l'exploitation que pour la mise à l'arrêt définitif et le démantèlement des centrales. Il s'agit également de répondre aux attentes des acteurs mondiaux du nucléaire, conscients de la compétence des experts allemands.
L'Enela est financée par six associés : l'énergéticien français Areva, les groupes allemands EnBW et E.ON, l'énergéticien suédois Vattenfall, ainsi que le distributeur suisse Axpo et le groupe britannique Urenco. L'institution n'a pas encore obtenu de subventions européennes, mais elle pourrait à l'avenir avoir accès aux programmes de soutien de la Commission européenne. En choisissant Munich pour leur siège, les six entreprises énergétiques ont signalé "qu'elles n'ont pas encore perdu l'espoir d'un avenir de l'énergie nucléaire en Allemagne", affirme Walter Hohlefelder, membre du conseil d'administration d'E.ON, qui doit assurer la présidence du conseil d'administration de l'académie.