Les modes de chauffage écologiques qui bénéficient d'un soutien financier étatique depuis un an pour les nouvelles constructions se sont révélés être un franc succès auprès des consommateurs, selon les estimations des experts. Cependant, l'industrie du chauffage dans son ensemble a annoncé de grandes pertes en termes de chiffre d'affaires en 2009 pour les installations solaires thermiques et les chaudières à bois, car depuis l'entrée en vigueur de la loi sur la chaleur d'origine renouvelable ("EEWärmeG") il y a un an de cela, seules les nouvelles constructions bénéficient d'un soutien, soit 109.000 nouveaux bâtiments sur un total estimé à 18 millions d'habitations.
Selon Jörg Mayer, directeur de l'Agence pour les énergies renouvelables (EE-Agentur) financée par le Gouvernement fédéral, il existe un fort potentiel de modernisation, afin que le marché de la chaleur puisse se développer pleinement. Il attend en outre beaucoup du "concept global énergétique" annoncé par le Gouvernement pour l'automne 2010.
Depuis le début de l'année 2009, les maîtres d'ouvrage doivent couvrir les besoins en chaleur des constructions dont ils ont la charge avec au moins 15% d'énergie solaire ou 50% de biomasse, géothermie ou chaleur ambiante. La loi homologue également les alternatives constituées par les mesures d'isolation thermique et l'approvisionnement à partir de réseaux de chauffage à distance, de chaleur résiduelle et de cogénération. A la demande de l'Agence pour les énergies renouvelables, l'institut de sondage d'opinion tns emnid a interrogé 500 constructeurs, maîtres d'ouvrage industriels ou bureaux d'architecture et de planification. Leur bilan : environ deux-tiers des nouvelles constructions ont été équipées d'une installation de chauffage basée sur les énergies renouvelables. Le tiers restant maintient les mesures de remplacement prévues par la loi, comme l'isolation thermique.
En 2009, les installations solaires thermiques ont représenté 39% des technologies de chauffage employées, suivies par les modes de chauffage par géothermie (27%), par chaleur ambiante (14,5%), par chauffage au bois ou aux pellets (13,6%), par chauffage au biogaz (5%) et par chauffage aux huiles végétales (0,9%). Selon M. Mayer, les coûts d'investissement sont plus élevés pour les éco-installations mais, en revanche, leur exploitation entraîne des économies considérables par rapport aux installations classiques. La chaudière à condensation [1], faisant appel à la technique de pouvoir calorifique [2], s'est imposée entre temps vis-à-vis de la chaudière à basse température, avec une part de marché de 60%, grâce à son rendement bien supérieur et aux économies d'énergie qu'elle induit. La mise en place d'installations de ventilation se développe aussi rapidement, augmentant de 29% dans les nouveaux bâtiments.
--
[2] Le Pouvoir Calorifique Inférieur (PCI) des combustibles est la quantité totale de chaleur sensible dégagée par la combustion d'un kilogramme de combustible. Le Pouvoir Calorifique Supérieur (PCS) est égal à la somme du PCI et de la chaleur latente dans la vapeur d'eau produite par la combustion. La chaudière à condensation doit sa dénomination au fait que, pour produire la chaleur, elle utilise non seulement le PCI d'un combustible (comme les chaudières conventionnelles) mais également son PCS. Informations supplémentaires sur le pouvoir calorifique : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pouvoir_calorifique
[1] Comparaison de l'Agence de l'Environnement et de la Maitrise de l'Energie (ADEME) entre la chaudière à condensation et la chaudière à basse température : http://redirectix.bulletins-electroniques.com/3Pz3D