Point fort du cycle de conférence, la première conférence européenne sur EGNOS, "Ready for Egnos ! A new Era for European Navigation", s'est tenue le jeudi 4 février. Cette conférence arrive à point nommé puisque le système est disponible au grand public et aux entreprises depuis quelques mois (octobre 2009).
Lancé il y a un peu plus de 10 ans par l'Agence Spatiale Européenne (ESA), la Commission Européenne et Eurocontrol (l'organisme européen chargé de la sécurité de la navigation aérienne), EGNOS est un système permettant de corriger les signaux des systèmes de positionnement des Etats-Unis (GPS) et russe (GLONASS). EGNOS permet non seulement de multiplier la précision par 3 ou 4 par rapport au GPS, mais aussi d'assurer l'intégrité et la continuité du signal. Ces deux derniers points sont indispensables pour l'utilisation du signal de positionnement dans des domaines aussi critiques que l'aviation civile. Les industries font actuellement face aux problèmes de la certification des données plutôt qu'à des problèmes d'ordre technique et le cadre normatif lacunaire, voire inexistant, est un des grands problèmes de l'Europe. Le contrôle aérien va subir, dans les quelques années à venir, une transformation importante en passant du système radar au système satellitaire. La navigation par satellite va ainsi tripler et nécessiter une qualité de service qu'EGNOS pourra garantir. Il existe là un véritable marché à saisir dans lequel l'Italie a bien l'intention de s'installer en bonne position.
Les intervenants de la conférence ont longuement insisté sur l'indissociabilité d'EGNOS et du futur Galileo, considérés tous les deux comme deux éléments d'un même système à l'importance capitale pour l'Union Européenne. EGNOS aurait pu apparaitre comme un "gap filler", c'est-à-dire un système dont le seul but aurait été de préparer l'arrivée de Galileo (prévue pour 2014). En revanche, mis en opération depuis octobre 2009, EGNOS donne des résultats plus que satisfaisants et ce pour un coût à peu près équivalent au tiers du coût du WAAS (acronyme de "Wide Area Augmentation System", équivalent américain d'EGNOS). De plus, un grand effort a été fait pour garantir la compatibilité d'EGNOS aussi bien avec les systèmes de navigation existants (GPS, GLONASS) qu'avec le futur système européen, Galileo.
EGNOS présente cependant quelques faiblesses, et notamment quelques problèmes de couverture dans le sud de l'Italie, mais cela n'empêche pas les pays de l'Afrique du nord ou quelques pays arabes d'être intéressés par une extension du système. Le service "Safety of Life" devrait être opérationnel d'ici la fin de l'année, et l'extension et la certification du signal sont les deux objectifs principaux. Galileo quant à lui dispose déjà de deux satellites de test en orbite, et deux satellites opérationnels devraient être lancés d'ici la fin de l'année. Le système complet devrait être déployé à l'horizon 2014.