La petite ville de Settimo Torinese vient d'être citée comme un des principaux exemples mondiaux de communauté durable. Le bourg de 50.000 habitants, situé au Nord-Est de Turin, fait l'objet d'un chapitre entier dans le dernier livre du professeur Woodrow Clark, l'un des experts dans la matière. Woodrow Clark, reconnu comme le "père" de la doctrine des énergies propres, a dirigé le groupe de recherche du Giec qui a écrit le troisième rapport sur le changement climatique.
Dans son livre Sustainable Communities, le Professeur Clark indique divers exemples de communautés durables. Aux côtés de Los Angeles, San Francisco, Santa Monica, du port danois de Frederikshavn et de la ville chinoise de Jiaxing, la ville piémontaise a été retenue car les autorités ont su effectuer la transformation d'une cité industrielle de périphérie en "un modèle énergétique innovant". Alors que là fermeture de nombre d'industries aurait pu entraîner son déclin, la ville a su réadapter sa vocation industrielle aux défis du futur.
Les énergies propres sont ainsi un des principaux facteurs de développement de la ville, avec le photovoltaïque, la cogénération, le réseau de transport de chaleur (qui a toutefois entrainé une forte hausse des prix de l'énergie), la géothermie, l'énergie hydroélectrique et la biomasse. Les bâtiments municipaux ont subi un audit énergétique. De nombreuses anciennes aires industrielles ont été réaménagées selon les principes de la bio-architecture et l'on a construit des maisons et des complexes économes en énergie. La commune réduit l'impôt sur l'immobilier (ICI) des particuliers qui ont fait des installations économisant l'énergie
Et les projets d'aménagement sont très innovants : l'ancienne usine Siva (dans laquelle Primo Levi était chimiste) a été transformée en complexe modèle, comprenant habitations, préfecture de police et centre commercial. Le nouveau projet nommé Laguna Verde consiste en une cité surélevée construite sur pilotis au dessus d'une mer verte. Résidences, magasins, aires de loisirs et laboratoires scientifiques seraient ainsi perchés au dessus d'un jardin. Il s'agit d'un des plus grandsprojets européens d' "écocité", nécéssitant un investissement de près de 1,3 milliard d'euro, sur les restes de l'actuelle usine Pirelli. Le projet ne sera cependant pas achevé avant 2018.