La sentence du conseil d'état (l'organe le plus élevé de la justice administrative italienne) a renversé le parcours institutionnel sur l'ouverture aux graines OGM.
Alors que la Conférence Etat-Région aurait dû traiter le 21 janvier l'approbation d'un texte régissant " la coexistence des cultures conventionnelles, biologiques et OGM ", les juges l'ont prise de court en acceptant le recours de Silvano Dalla Libera, agriculteur et vice-président de Futuragra, une association de 500 propriétaires terriens pro-OGM de la péninsule. Le cadre juridique concernant ce sujet est donc de plus en plus confus avec des décisions contradictoires.
D'une part le Conseil d'Etat est clair : le ministre des politiques agricoles, alimentaires, et forestières Luca Zaia a maintenant 90 jours pour concéder à tous ceux qui le voudraient (dont Silvano dalla Libera) l'autorisation de semer les dizaines de nouvelles variétés de maïs déjà autorisées par l'Union-Européenne. De l'autre côté, Luca Zaia a réaffirmé dans une note que ces considérations nécessitent selon un décret législatif l'établissement d'une Commission Technique pour autoriser ces plantations, et que les délais devraient être bien plus grands. Comme l'explique l'ancien ministre Gianni Alemanno, ces retards pourraient être utilisés par Zaia pour signer un nouveau texte, qui rétablirait le blocage juridique de l'accès aux OGM.
Silvano Dalla Libera, qui se battait depuis plusieurs années pour le droit aux nouvelles technologies agricoles avec son association, se prépare à donc à semer 25 hectares de maïs génétiquement modifiés dans les alentours de Pordenone (Frioul). Il affirme savoir que près de 400 agriculteurs, du Piémont au Frioul, s'apprêtent à semer des plants OGM pour 2010.
De nombreuses associations ont déjà réagi a la situation. Si le syndicat agricole Confagricoltura est plutôt partisan de la production de cultures OGM en Italie, le syndicat Coldiretti, et l'association Slow Food International y sont opposés et proposent la mise en place d'un référendum national sur la question. L'association écologiste VAS (Verdi Ambiante e Società) propose elle un recours en cassation.