Chaque hiver, en début d'année, la station suisse de Davos fait parler d'elle avec la tenue du Forum Economique Mondial. La fondation helvète World Economic Forum à l'origine de cette rencontre, produit de nombreux documents dont le Global Competitiveness Report. Dans sa dernière mouture 2009-2010 parue en septembre dernier [1], l'Espagne a perdu 4 places par rapport à l'année précédente (rang 33 sur 133 pays analysés) selon l'indice global agrégeant différents paramètres mesurant la compétitivité économique du pays (France: 16, sans évolution). Pour le facteur Innovation, l'un des douze piliers de cette compétitivité tels que les définit le rapport, l'Espagne est à la 40ème place (France: 18). Le tableau qui suit détaille les différents classements obtenus par l'Espagne et par la France pour les différents critères qui composent ce facteur Innovation:
Alors que l'Espagne revendiquait l'an dernier son entrée au G20 au titre des 20 pays les plus riches de la planète en termes de PIB par habitant, le classement du World Economic Forum fait apparaître des performances plus mitigées en matière d'innovation.
Parmi les faiblesses que relève cette étude, figurent les investissements en R&D des entreprises. Selon l'Instituto Nacional de Estadistica (INE), les objectifs fixés à Lisbonne par l'UE, d'arriver à 2/3 de financement de la R&D par les entreprises, sont loin d'être atteints : en 2008, 45,0% des investissements consacrés à la R&D en Espagne provenaient du secteur privé [2] contre une moyenne de l'UE-27 de 55,0% selon les chiffres 2008 de l'OCDE. Dans ces 45%, les multinationales étrangères ont une place importante: tout d'abord, 71,9% d'entre elles (2.195) sont considérées comme innovantes (chiffres INE 2007) contre 23,9% des entreprises espagnoles (46.877). Par ailleurs, selon les données 2007 de l'OCDE, les filiales espagnoles des multinationales étrangères exécutent 35% de la R&D entrepreneuriale espagnole.
La fondation I+E España créée par sept multinationales dont six étrangères, dans le but de valoriser l'investissement R&D en Espagne des multinationales, vient de publier un rapport au titre évocateur et qui reprend certains des chiffres précédents : "La R&D et l'innovation des multinationales en Espagne, agents du changement de modèle économique". Selon ce document, pour que l'Espagne sorte par le haut de la crise et exploite au mieux le potentiel des multinationales, une action coordonnée entre les différents acteurs du système des sciences, de la technologie et des entreprises est nécessaire, articulée autour des trois besoins que la fondation établit : - disponibilité des talents, - compétitivité des coûts, - meilleure connaissance de la part des pouvoirs publics, des enjeux des multinationales.
Mme Garmendia, la ministre de la science et de l'innovation qui assistait à la présentation du rapport, en a profité pour rappeler que comme en atteste l'intitulé même de son ministère, celui-ci a notamment pour objectif de créer l'environnement favorable aux investissements privés en R&D, en particulier d'entreprises étrangères.