Pour l'Espagne, respecter le protocole de Kyoto signifie ne pas augmenter de plus de 15% la production annuelle moyenne de gaz à effet de serre sur 2008-2012 par rapport à 1990, l'année de référence. Chaque pays a sa feuille de route et pour la France par exemple, il s'agira de baisser de 1,9%. Pour être précis, la production retenue comme celle de référence est de 289.773 tonnes équivalent CO2 (teqCO2) quand la production de l'année 1990 était de 285.123 teqCO2. La production annuelle moyenne attendue entre 2008 et 2012 ne devra donc pas dépasser 333.239 teqCO2.
Début février, la secrétaire d'état espagnole au changement climatique a présenté à Bruxelles l'inventaire de la production des gaz à effet de serre sur la période 1990-2008 [1]. Le tableau qui suit donne la production année après année et le graphique reprend cette évolution en attribuant la valeur 100 à la production de référence.
Comme on le voit, les objectifs de Kyoto seront difficilement tenables: avec 405.048 teqCO2, la production 2008 est 21% en dessus du chiffre moyen qu'il faudrait obtenir sur 2008-2012. Dit autrement, les 139,8 de 2008 en termes de variation sont 24,8 points en dessus de l'objectif de 115.
Bien sûr, entre 2007 et 2008 une baisse significative est observable due à la fois au début des effets de la crise, au développement des énergies renouvelables et à l'amélioration de l'efficacité énergétique. Par ailleurs, tout laisse à penser que la production 2009 se révèlera plus faible encore que celle de 2008 (voir par exemple le bilan 2009 de la part de l'électricité "verte", [2]) mais même en extrapolant la baisse enregistrée entre 2007 et 2008 jusqu'en 2012, on retrouverait en 2012 les chiffres de 1990 mais la moyenne sur les cinq années serait encore à 120, soit au-dessus des 115 de l'objectif de Kyoto.
Selon le scénario le plus volontariste du gouvernement, la moyenne prévue par celui-ci sur les années 2008-2012 serait de 390 295 teqCO2, soit 34,5% au dessus de la valeur de référence, loin donc des 15% qu'autorise Kyoto. De telles prévisions annoncées au moment de la présentation à Bruxelles, ont au moins le mérite de la sincérité.