Un laboratoire de la communauté de Madrid (Tres Cantos) ouvre désormais ses installations et met à disposition des chercheurs ses infrastructures et ses données sur la malaria [1]. Le laboratoire GlaxoSmithKline (GSK) a décidé d'ouvrir sa base de données sur plus de 13.500 composants présentant un potentiel anti-malarien. Ses installations situées au nord de Madrid seront mises à disposition des scientifiques du monde entier désireux de poursuivre leurs recherches sur la malaria. Le directeur de ce centre, Andrew Witty présente cette initiative comme faisant partie de la stratégie d' "innovation ouverte" qui souhaite attirer l'attention sur les maladies dites "pauvres".
Il s'agit pour le très compétitif secteur pharmaceutique d'une initiative pionnière qui manifeste d'un tournant dans la tendance actuelle, tournée vers l'abaissement des prix, le développement de médicaments à bas coûts destinés aux pays pauvres et la collaboration dans les initiatives internationales de recherche (telle que celle du vaccin menée par Pedro Alonso). Dans sa phase de recherche, la compagnie a d'abord identifié 13.500 actifs suceptibles d'avoir un quelconque effet contre le parasite "Plasmodium falciparum". Cinq chercheurs espagnols ont parcouru pendant un an la bibliothèque contenant plus de deux millions de substances afin d'identifier certaines d'entre elles présentant le plus fort potentiel.
Aujourd'hui l'initiative première est l'ouverture de ce laboratoire et de ses installations à environ 60 chercheurs qui en feront la demande -chiffres qui pourra augmenter à l'avenir- afin de développer leurs recherches et disposer d'une technologie avancée, d'équipements et d'échantillons. L'objectif est de transformer ce laboratoire en open lab, laboratoire ouvert aux scientifiques de toutes les universités souhaitant développer leurs recherches sur la malaria, la tuberculose [2], les leishmanioses [3] ou la maladie de Chagas [4]. La coordination de ce centre se fera à travers une fondation (dotée de 8 millions de dollars) et dans laquelle le gouvernement pourrait participer, ainsi que des universités et des entreprises privées.
Cette décision du laboratoire GSK ne suppose en rien l'abandon de ses propres recherches sur la malaria et les autres maladies présentes dans les pays en développement. Il s'agit d'une grande étape selon les responsables de la société, bien que certaines organisations non gouvernementales doutent que cela encourage les autres laboratoires à faire de même. Enfin, l'objectif principal est de poursuivre et d'amplifier la recherche sur une maladie qui provoque un million de morts chaque année seulement chez les enfants ; les plus vulnérables aux effets du "Plasmodium falciparum", parasite responsable de la maladie. De ce fait, la collaboration scientifique est d'autant plus importante lorsqu'il s'agit de trouver un vaccin, comme c'est le cas actuellement à travers les essais réalisés au Mozambique et dans d'autres pays africains grâce à un consortium international.