Observer l'univers dans la gamme des rayonnements ultra-violets (UV) permet l'étude de la composition chimique de la matière vers laquelle on pointe ses télescopes. Comme malheureusement ce type de rayonnement est absorbé par l'atmosphère, le seul endroit pour installer de tels instruments d'observation est l'espace. Le télescope Hubble fait cela très bien mais il va arriver bientôt en bout de course et n'est pas doté de ce qui peut se faire de mieux à ce jour. Le projet WSO-UV piloté par la Russie [1] a justement pour but d'envoyer dans l'espace un télescope UV dernier cri.
Ce projet associe principalement Russes, Espagnols, Allemands et Chinois. Ces deux derniers développent les spectromètres qui seront embarqués. Quant aux Espagnols, sous la responsabilité scientifique d'Ana Inés Gómez de Castro de l'université Complutense de Madrid (UCM), ils interviennent à deux niveaux. D'une part, ils ont avec l'instrumentation, la maîtrise d'oeuvre d'une caméra baptisée ISSIS dans laquelle interviennent le CSIC, l'UCM et l'INTA, l'homologue espagnol du CNES. Mais ils apportent aussi une contribution importante à un autre niveau : le centre de suivi du télescope ou pour être plus précis, un des deux centres jumeaux de suivi, l'autre étant en Russie, l'un et l'autre se relayant au cours de l'orbite de WSO-UV autour de la Terre.
Ce centre sera installé à l'université Complutense sous le contrôle de l'entreprise espagnole GMV. Et même si le télescope ne sera opérationnel que dans trois ans et ce, pour une durée de dix ans, les premiers tests de la station terrestre viennent de commencer avec un simulateur des signaux que captera WSO-UV et qu'il renverra au sol.