Une équipe de chercheurs espagnols, dirigée par le groupe "Nanobioelectronics & Biosensors" du CIN2 de Bellaterra (Barcelone) [1], a mis au point un nouvel outil de détection du cancer basé sur l'utilisation de nanoparticules d'or. Le système développé est en réalité une amélioration du système de diagnostic habituel ELISA [2] utilisant des nanoparticules d'or pour augmenter la sensibilité de détection et de diminuer le temps d'analyse. En clair, des cellules du patient sont cultivées sur une électrode de carbone que l'on met ensuite en contact avec des anticorps spécifiques associés à des nanoparticules d'or. Ces anticorps sont capables de reconnaître des protéines membranaires spécifiques qui sont des marqueurs de cellules cancéreuses. La quantification des nanoparticules d'or, et donc par extension des cellules cancéreuses, est basée sur la capacité de l'or à réduire des protons en hydrogène. Grâce à cette technique, le diagnostic du cancer est donné en quelques minutes et la sensibilité de détection est doublée par rapport à un test ELISA classique.
Ce travail a donné lieu à deux publications consécutives, en décembre dernier et ce mois-ci, dans la revue spécialisée "Analytical Chemistry " [3] [4].
=> Des microvésicules seraient les responsables des métastases
Selon un article publié dans "Cancer Resarch" [5], les métastases ne seraient non pas le fruit de la migration de cellules tumorales vers différents organes, mais plutôt celui de la dispersion de microvésicules capables d'infecter des cellules-souches [6], de leur transmettre des mutations et de provoquer leur prolifération. Les microvésicules en question (pas plus de 0,4?m de diamètre), sont également appelées exosomes et seraient donc capables de transformer ces cellules souches en tumeurs secondaires.
Différents groupes de recherche ont participé à la rédaction de cet article : le CIPF-UVEG -le centre de recherche Principe Felipe de Valence- [7], l'hôpital universitaire La Paz de Madrid, l'hôpital universitaire d'Albacete, ainsi que des chercheurs de Gênes.
Leur découverte conforte donc une hypothèse régulièrement proposée, celle de "genometastasis" qui suggère que des acides nucléiques libres dans le plasma pourraient participer à la tumorigenèse et au développement de métastases, en plus des cellules cancéreuses qui se déplacent de la tumeur vers le site à métastaser. Et que contiennent ces microvésicules? Des acides nucléiques? Pour l'instant rien de prouvé, mais la très petite taille de ces vésicules exclue bon nombre de molécules, sauf les acides nucléiques par exemple !
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[2] ELISA : Acronyme de "Enzyme-Linked Immuno Sorbent Assay". Il s'agit d'une technique de biochimie qui permet de détecter la présence d'un anticorps ou d'un antigène dans un échantillon. Cette technique est utilisée dans de nombreux tests de détection de maladies comme le SIDA ou les cancers.
[6] Une cellule souche est une cellule indifférenciée se caractérisant par sa capacité à engendrer des cellules spécialisées en se différenciant et sa capacité à se multiplier quasi infiniment à l'identique.
- [3] "Rapid identification and quantification of tumor cells using an electrocatalytic method based on gold nanoparticles". De la Escosura- Muñiz. Anal et al. Chem. 2009 Dec 15;81(24): 10268-74. - [4] "Enhanced gold nanoparticle based ELISA for a breast cancer biomarker". Ambrosi et al. Anal Chem. 2010 Feb 1;82(3):1151-6. - Communiqués de presse du CIN2, 17/11/10 et 18/01/10 - FECYT, 19/01/10 - [5] "Cell-free nucleic acids circulating in the plasma of colorectal cancer patients induce the oncogenic transformation of susceptible cultured cells". Garcia-Olmo et al. Cancer Res. 2010 Jan 15;70(2):500-7. - Europa press, 18/01/10 - SINC, 18/01/10