Une équipe de chercheurs espagnols de l'Université Polytechnique de Valence et de l'Université de Valence ont découvert un énorme masque Maya en pleine forêt guatemaltèque dont l'âge est estimé entre 300 et 600 ans après J-C. Il fût apparemment conservé sous la luxuriante végétation qui recouvre désormais les ruines archéologiques de Chilonché au nord du Guatemala. Le projet financé par les Ministères espagnols de la Culture, et de la Science et de l'Innovation pourrait avoir donné lieu à une grande découverte, puisque ce masque serait chronologiquement d'une époque antérieure à celle représentée par l'architecture qui témoigne de l'établissement de la civilisation Maya.
Selon les chercheurs en charge des travaux de documentation et d'observation, cette découverte pourrait fournir des données scientifiques très importantes afin de mieux connaître l'architecture Maya et ses populations. Il s'agit d'un très grand masque en stuc qui mesure 1,50 mètre de hauteur, découvert par les chercheurs de Valence alors qu'ils examinaient d'anciennes édifications Maya sur le site archéologique de Chilonché; un lieu où les cavités souterraines sont nombreuses. C'est à l'intérieur de l'un de ces tunnels construits par des voleurs qui dérobaient des objets antiques pour les revendre sur le marché noir, que les scientifiques se sont retrouvés nez-à-nez avec ce masque qui avait même conservé quelques-unes de ses couleurs d'origine.
Les chercheurs sont encore étonnés du bon état de conservation de cette scuplture architectonique taillée sur de la pierre calcaire. Dans la culture maya, ces éléments ornementaux qui représentent les forces de la nature et les êtres surnaturels arborant les traits de divinités, sont traditionnels et font partie de la décoration des anciens édifices maya. Restés cachés sous de grands monticules de terre et de végétation, ce sont à présent les archéologues qui ont la primeur de les découvrir.
Cette équipe de professeurs et de chercheurs des universités UPV et UV spécialisés dans l'archéologie, la restauration et la conservation ont aussi manifesté leur disponibilité aux responsables du Partimoine Culturel du Guatemala afin de collaborer dans leurs actions de sauvegarde et restauration. Les chercheurs sont persuadés qu'ils vont prochainement trouver un deuxième masque puisque la construction de ce genre d'ornements était symétrique.
Cette importante découverte s'est faite dans le cadre du projet "La Blanca" [1], qui depuis 6 ans représente la collaboration des deux universités valenciennes avec l'Université San Carlos de Guatemala. L'objectif est de protéger le patrimoine culturel du site archéologique La Blanca, mais aussi de mettre en valeur ces ruines de sorte à ce qu'elles soient un moteur socio-économique qui puissent bénéficier aux populations locales. Ces ruines Maya se trouvent enclavées dans le département de El Petén, le plus septentrional du Guatemala, considéré par les experts comme le coeur de la culture maya disparue où se trouvent les villes de Naranjo, Nakum ou, la plus connue grâce au tourisme, Tikal.