Dans la région de Cadiz, à San Fernando plus précisément, une découverte "extraordinaire d'un point de vue émotionnel" a été faite, selon Eduardo Vijande Vila [1], le directeur des fouilles archéologiques préventives effectuées avant la construction d'un nouveau terrain de hockey.
Depuis 2008, l'équipe de cet archéologue de l'Université de Cadiz et de Figlina -une entreprise d'archéologie, développement et service de patrimoine culturel spécialisée dans les fouilles préventives- a peu à peu mis à jour une nécropole datant de l'Age du Bronze. Ce cimetière néolithique est immense : les archéologues estiment qu'environ 300 corps y auraient été inhumés, dont 83 ont déjà été retrouvés. Les sépultures sont plus ou moins élaborées, de la simple fosse à la tombe réalisée avec des pierres de tailles moyennes et ornée de coquillages. Mais celle qui fait couler beaucoup d'encre actuellement, n'est pas une tombe décorée, mais une simple fosse... partagée ! En effet, deux individus enlacés y ont été retrouvés. Un symbole d'amour qui a traversé les millénaires...
L'individu placé à droite, donc le sexe -a priori masculin- n'a pas encore été déterminé, était âgé de 35 à 40 ans au moment de son décès. Quant à l'autre, il s'agit d'une jeune fille de 12 à 14 ans, déjà une femme pour l'époque. Quels sont les liens qui les unissent depuis 6.000 ans ? Etaient-ils de la même famille ? Ou formaient-ils un couple ? L'opinion publique a déjà tranché en faveur de la deuxième hypothèse, plus romantique, et les a nommés "Los Enamorados", c'est-à-dire "Les Amoureux" ! Mais seuls des tests ADN permettront de déterminer avec certitude le sexe du premier individu ainsi que l'existence ou non d'un lien filial.
Dans tous les cas, et quelle que soit la nature des liens affectifs, cette découverte fait partie de l'un des rares cas "d'enlacement", et c'est sûrement le plus vieux au monde connu à ce jour avec celui des "Amants de Valardo" découverts en Italie, et dont la datation a été estimée entre 5.000 et 6.000 ans.
Afin de préserver leur enlacement intact, les corps ont été exhumés avec beaucoup de précautions et il sera possible de découvrir d'ici quelques mois "ce couple uni pour l'éternité" dans le musée historique de la ville de San Fernando.
[3] Eugenio Vijande Vila - Area de Prehistoria - Universidad de Cádiz - Facultad de Filosofia y Letras - Avda Dr. Gómez Ulla, s/n - 11003 Cádiz - Tél : 0034 646 574 413 - Email : eduardo.vijande@uca.es