Les mois de janvier-février ont été particulièrement rigoureux en Suède cette année. La température est descendue jusqu'à -23°C rien qu'à Stockholm qui n'a pas connu d'hiver aussi froid depuis 10 ans. Le métro est désormais préféré au vélo, moyen de transport le plus répandu à Stockholm, ce dernier étant bien souvent indisponible (preuve à l'appui).
Pour les longues distances, c'est la même histoire, on choisit le train. Mais compte tenu des températures, les gares enregistrent des retards fulgurants sur l'intégralité du territoire et le trafic est extrêmement perturbé.
Le Suédois Sten Jonsson, ancien constructeur des chemins de fer, aujourd'hui consultant en construction à Ideus Konsultteknik, propose une alternative. "J'ai une solution aux problèmes d'aiguillage qui causent tant de retards et de suppressions de trains pour les chemins de fers suédois et les trains de banlieue [1]. Après l'hiver froid et enneigé que nous connaissons cette année, peut-être finira-t-on par m'écouter", déclare-t-il à l'hebdomadaire scientifique Ny Teknik.
En 2005, il a déposé un brevet [2] pour la construction d'un aiguillage où une languette de caoutchouc "recouvre l'espace entre le rail et la lame mobile et empêche la neige et la glace de bloquer l'aiguillage. J'ai alors contacté les chemins de fer, Banverket (BV à Borlänge, en Dalécarlie), et le fabricant d'aiguillages Cogifer Nordic d'Orebro (chef-lieu du Comté de Närke), de même que SL (StorStockholms Lokaltrafik) [3]) mais tous ont répondu qu'ils avaient d'autres solutions", dit-il.
Rien que pour la région de Stockholm, les chemins de fer doivent s'occuper d'un millier d'aiguillages pour les métros et les trains de banlieue. Quand les trains arrivent à Stockholm, de gros morceaux de glace se détachent sous les trains et tombent sur les aiguillages qu'ils bloquent. Les installations de guirlandes chauffantes placées dans les aiguillages ont une capacité insuffisante (-2 ou 3°C) pour faire fondre les plus gros blocs de glace (de la taille d'un ballon de football !). Il faut les enlever manuellement, ce qui représente un certain danger et une charge de travail considérable que les employés de BV [4] ne parviennent pas à surmonter tous les jours. Dès qu'un nouveau train arrive, il dépose une nouvelle couche de neige et de glace sur les rails, les aiguillages se bloquent ainsi souvent.
L'invention de l'ingénieur octogénaire Sten Jonsson empêche la glace, la neige et les pierres de tomber entre les rails et la lame mobile. Il est plus aisé de dégager la neige de l'aiguillage avec la locomotive équipée de brosses, que BV utilise, compte tenu de la languette de caoutchouc. La languette se situe à quelques centimètres de la tête du rail et couvre l'espace entre les rails évitant ainsi que la neige ne s'y accumule : les brosses n'ont pas besoin d'aller jusqu'au sol, seulement dix centimètres sous le rail.
On peut aussi enrouler un fil électrique dans la languette de caoutchouc qui fait office de résistance pour éviter la formation de glaces, dit Sten Jonsson.
Aujourd'hui, Banverket utilise pour le nettoyage de grosses locomotives avec 8 brosses de chaque côté. "La solution que je propose ne demande qu'une brosse qui fonctionne de surcroît avec des engins beaucoup plus petits", dit-il.
Le prochain projet de ce Suédois est une invention qui devrait résoudre les risques de dérapage causés par la présence de feuilles (en automne) sur les voies ferrées.