Le Dr. Lynn Megeney, Chaire de Recherche en Cardiologie Mach-Gaensslen [1] à l'Institut de Recherche de l'Hôpital d'Ottawa (IRHO), et son équipe viennent de faire une grande découverte dans le domaine des cellules souches. En effet, leurs travaux suggèrent que les cellules souches seraient capables de fractionner leur ADN afin de produire de nouveaux tissus.
Une étude en 2002 de la même équipe avait démontré que la fabrication de nouvelles fibres musculaires était liée à un processus antagoniste, la mort cellulaire programmée (MCP), qui permet à l'organisme de détruire les cellules non désirées. Les chercheurs avaient alors démontré que le blocage de la caspase 3, protéine causant la MCP, empêchait également les cellules souches de produire de nouvelles fibres musculaires. Cette découverte, tout d'abord controversée, avait ensuite été étayée par des dizaines d'autres études affirmant que les protéines contrôlant la MCP agissaient également sur la transformation des cellules souches, sans pour autant en expliquer le mécanisme.
L'équipe du Dr. Megeney pense désormais avoir l'explication. Les chercheurs ont découvert que les propriétés transformatrices de la caspase 3 sont dérivées de sa capacité à activer une autre protéine, nommée DNase activée par la caspase 3, pouvant fractionnée l'ADN et auparavant associée à la MCP. En bloquant cette DNase, les chercheurs se sont aperçus que la production des cellules musculaires était stoppée. De plus, l'étude a démontré que lorsque la DNase fractionnait l'ADN là où se situait un gène clef pour la production de cellule musculaire, ce gène était activé.
"Notre étude permet de penser que les dommages portés à un gène peuvent en fait accroître l'expression de ce gène, à condition que les dommages soient réparés rapidement. C'est une nouvelle façon d'activer un gène. Nous avons démontré que ce processus est crucial pour la production de nouvelles fibres musculaires, mais nous croyons qu'il pourrait également être important pour la production de la plupart des autres tissus" a déclaré le Dr. Megeney, également Professeur à la Faculté de Médecine d'Ottawa.
Cette découverte peut avoir des répercussions dans de nombreux domaines. Elle pourra aider à l'activation de cellules souches pour des besoins thérapeutiques, mais aussi de ralentir la MCP. Les résultats, publiés dans la revue "Proceedings of the National Academy of Sciences", suggèrent également que les mutations de l'ADN peuvent être dues à un processus normal.
----
[1] Cette chaire de recherche est financée par la Mach-Gaensslen Foundation of Canada. Cette fondation a pour but de promouvoir la recherche en cardiologie, en oncologie et en psychiatrie.