Les rifts océaniques sont les principaux points de rejets du magma, qui sont constitués majoritairement de laves basaltiques. Le temps mis pour traverser l'asthénosphère (partie ductile du manteau terrestre, entre 100 et 700 km de profondeur environ) était encore récemment évalué à plusieurs dizaines voire centaines de milliers d'années pour des laves formées à 120 km de profondeur. Des chercheurs de l'Institut de minéralogie et de pétrologie de l'Ecole polytechnique fédérale de Zürich (ETHZ) dirigés par Max Schmidt viennent de montrer que ces temps sont dix fois inférieurs.
Afin de reproduire en laboratoire les conditions extrêmes de température et de pression régnant au sein de l'asthénosphère, le professeur Schmidt a conçu avec son équipe une centrifugeuse géante de près de deux mètres de diamètre, permettant d'entraîner les échantillons jusqu'à 850 km/h, avec une accélération radiale de près de 3000 g. Dans les cellules de cette centrifugeuse ont été placées du verre basaltique ainsi que de l'olivine. Porté à 1300 °C, le verre fond et diffuse à travers la matrice d'olivine. Les scientifiques ont ainsi pu déterminer précisément la constante reliant la porosité à la perméabilité, qui est d'environ 10, valeur nettement inférieure à celle obtenue par les précédents modèles, impliquant une vitesse des laves dix fois supérieure. Selon Max Schmidt, "Si un volcan entre en éruption aujourd'hui, sa lave ne s'est pas formée lors de la dernière ère glaciaire, mais durant le règne des pharaons". Ces vitesses plus rapides que prévues permettent la présence dans les basaltes d'isotopes du manteau à faible durée de vie, tels le radium 226 (demi-vie de 1600 ans).
Ces travaux ont été publiés dans la revue britannique Nature [1].