Le professeur James Lorens et son équipe du département de biomédecine de l'université de Bergen utilisent les nanotechnologies dans leurs programmes de recherches. Dans un premier temps, ils souhaitent développer la production de vaisseaux sanguins à la fois in vitro et dans le corps lui-même. Dans un second temps, le but sera d'obtenir une compréhension des mécanismes moléculaires guidant le développement des cancers.
La recherche biomédicale à travers le monde utilise des cellules afin de créer de nouveaux tissus. Cependant, tout tissu vivant requiert une source de sang pour survivre. L'équipe de James Lorens utilise les nanotechnologies afin d'observer comment les cellules forment de nouveaux vaisseaux sanguins, à la fois dans le corps et in vitro. D'autre part, les chercheurs étudient l'interaction des cellules les unes avec les autres mais aussi avec du biomatériel synthétique à une échelle nano. Le but est alors de comprendre et ensuite de copier les processus naturels des cellules. Ainsi les nanotechnologies ouvrent de nouvelles opportunités pour l'ingénierie des biomatériaux qui contrôle le développement cellulaire. L'étape cruciale est donc de s'assurer que les vaisseaux sanguins sont formés au sein même du tissu. C'est pourquoi les chercheurs observent avec attention les processus par lesquels les vaisseaux sanguins se forment dans le corps.
Les développements d'une cellule sont influencés par différents signaux qu'elle recoit de son environnement ou de cellules avoisinantes. Les chercheurs du groupe de James Lorens étudient les différents types de communications des cellules, et donc comment cela pourrait être réutilisé au moment de la formation de vaisseaux sanguins. Des recherches sont également effectuées dans l'utilisation de nanotechnologies pour la communication cellulaire directement. Des cellules sont ainsi placées sur un biomatériau nanostructuré dont la surface a été au préalable traitée avec des molécules spécifiques connues pour donner certains signaux aux cellules. Ainsi les chercheurs peuvent regarder comment des surfaces nanostructurées peuvent affecter la formation de vaisseaux sanguins.
Par la suite ces recherches peuvent être étendues à la recherche sur le cancer. En effet, le groupe de recherche de Bergen observe comment ces processus se produisent dans des tissus malades comme par exemple au sein de tumeurs cancéreuses. En effet, les cellules cancéreuses continuent de se développer puisqu'elles ne détectent pas les signaux comme le feraient des cellules saines. L'ingénierie tissulaire permettrait alors d'étudier les interactions des vaisseaux sanguins avec une tumeur cancéreuse (qui aurait été reproduite). Une fois les connections établies entre les vaisseaux sanguins et les cellules malades, il suffit de couper l'apport en sang et la tumeur mourra. L'ingénierie tissulaire permettrait également de comprendre comment les cellules cancéreuses se répandent par la circulation sanguine.
Enfin, pour James Lorens, il est important voire essentiel que les chercheurs en biologie et biomédecine se mettent aux nanotechnologies. En effet cela leur permettrait d'obtenir une meilleure compréhension de leurs recherches par rapport aux mécanismes moléculaires contrôlant le développement des maladies.