La version embarquée de ces chasseurs Mig bardés de technologies nouvelles a été créée à la demande de l'Inde, mais elle intéresse aussi de très près l'armée russe. Les Mig-29K/KUB [1] ont été testés sur le croiseur porte-aéronefs Admiral Kuznetsov. La réussite de ces tests, rapporte le quotidien Izvestia, fait aussi l'affaire des responsables des Forces aéronavales russes.
Le Mig-29 est un chasseur léger. Jusqu'à une époque récente, il ne décollait qu'à partir de pistes au sol. En 2007, à la demande de l'Inde, les ingénieurs russes ont commencé à créer une version embarquée de ce chasseur, destinée au gros porte-avions Admiral Gorshkov, vendu par la Russie à l'Inde. La Russie possédait avant cela sa propre version embarquée du Mig-29, conçue pour le croiseur porte-aéronefs Admiral Kuznetsov. Mais ce projet ne s'est jamais concrétisé. C'est la raison pour laquelle les tests effectués récemment en mer de Barents peuvent être considérés comme une étape marquante du développement de l'aviation militaire russe.
Ces tests ont confirmé, incontestablement, les possibilités des Mig, confie un spécialiste. Si l'on tient compte que les Mig sont plus petits et plus légers que les Sukhoi, on peut donc en embarquer un plus grand nombre sur un porte-aéronefs. Cette question importait au plus haut point pour la vente de l'Admiral Gorshkov à l'Inde.
Le Mig-29 embarqué se distingue du Mig-29 habituel en ceci qu'il peut se poser sur le pont d'un porte-avions, la principale difficulté étant, naturellement, que la piste, tant pour le décollage que pour l'atterrissage, est très courte. Le nouveau Mig possède également des systèmes d'équipements et d'armements qui n'ont jamais été utilisés précédemment sur des appareils de ce type. Il est ainsi doté d'un radar qui intègre un réseau d'antennes phasées - le "Juk-ME". Cet équipement radar permet au Mig embarqué de "voir" tout ce qui se passe jusqu'à 140 km de distance, de "suivre" 30 cibles et de tirer simultanément sur elles jusqu'à six missiles. Ces cibles pouvant se trouver aussi bien dans les airs que sur mer ou au sol.
Ce nouveau chasseur léger destiné à être embarqué ouvre de belles perspectives aux forces aéronavales indiennes, mais aussi russes. Le commandant en chef des Forces aéronavales russes, Vladimir Vyssotski, a fait part, récemment, du possible achat à l'étranger (à la France, en l'occurrence - NdlR) de plusieurs porte-hélicoptères. Ces navires sont capables d'emporter non seulement des fantassins et des blindés, mais aussi des aéronefs. Il est parfaitement possible que le commandement en chef des Forces aéronavales, qui n'a pas à sa disposition de véritable gros porte-avions, estime que cet achat permettrait de renforcer considérablement la puissance des Forces aéronavales russes. Ces porte-aéronefs pourraient accueillir les nouveaux Mig. Selon une source au ministère de la Défense, les militaires seraient prêts à acheter au moins 26 chasseurs de ce type.
Selon le directeur général de la corporation Mig, Mikhaïl Pogossian, ces nouveaux Mig pourraient également intéresser d'autres pays que l'Inde et la Russie. La réussite des tests qui viennent d'avoir lieu y est assurément pour quelque chose.
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[1] Le Mig-29K et le Mig-29KUB sont tous deux des chasseurs embarqués, le second, biplace, étant un avion de combat et d'entraînement. L'Inde a commandé à la Russie 12 Mig-29K et 4 Mig-29KUB.